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01.03.2007

La loi du dimanche (National Sunday Law) et l’esclavage.

medium_Code_noir_loi_du_dimanche001.2.jpgL’ouvrage de Jean Marcussen "La loi du dimanche" a obtenu un succès phénoménal dans l’Eglise Adventiste. Il faut dire qu’outre le fait que cet ouvrage soit écrit par un adventiste, il mobilise un élément important du discours millénariste adventiste, à savoir la crainte que s’impose de nouveau au monde l’obligation d’observer le dimanche comme jour de repos dominical, au détriment du sabbat. L’adoption d’une telle législation est pour l’Eglise Adventiste une étape vers la parousie et une affirmation de son discours eschatologique. Bien qu’il soit apparemment sans lien avec l’antillanité, cette vision adventiste de la « National Sunday Law » peut contribuer positivement au questionnement qui existe aujourd’hui dans l’adventisme sur la forte présence antillaise. Je m’explique…


Différents points de croyances adventistes, quand on pousse le rapprochement, permettent de passer au-delà des incompréhensions qui existent entre adventisme autochtone et adventisme antillais en France. Notons par exemple la forte présence d’Israël dans le champ lexical adventiste. Cette dernière n’est pas sans rapprochement symbolique avec les Antilles, terre de migration, de souffrance, théâtre d’un crime contre l’humanité, peuple de diaspora où la projection permanente dans un futur à construire est omniprésente (n'allons quand même pas trop loin dans les rapprochements).
Pour ce qui est de la loi du dimanche dont nous parlions, un rapprochement me semble encore plus fort. Et cela nous le retrouvons dans le Code Noir de 1685. Dès l’article premier de celui-ci l’injonction est faite aux officiers du Roi « de chasser hors de nos îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir… ». Intéressant de constater qu’en cette période la discrimination touchait noirs et juifs, même s’il faille noter que l’esclavage était en destination des nègres. Ce voisinage de situation est déjà un élément qui permet de ne pas opposer, s’il fallait le rappeler, les souffrances nègres et juives. Au contraire, elles ont souvent des points de croisement dans l’histoire.
Revenons. L’article 6 du Code noir de 1685 (et l’article 5 du Code noir de 1724) imposent aux esclaves « d’observer les jours de dimanche et fêtes qui sont gardés par nos sujets de la religion catholique, apostolique et romaine ». Deux populations étaient ainsi visées. Les juifs qui devaient abandonner le sabbat et les nègres, esclaves, qui se voyaient officiellement forcés d’adopter les rites catholiques. Encore une fois bien que le crime touchait avec plus de cruauté les noirs, les juifs connaissaient une discrimination simultanément.
Pour ce qui concerne l’adventisme, alors qu’il raisonne dans un avenir la National Sunday Law, les populations antillaises ont historiquement déjà vécues les drames de celle-ci, donnant à la vision dramatique qu’a l’adventisme de la National Law, une existence historique, bien réelle. Notons au passage que cet élément complète le panorama historique que développe Marcussen sur les turpitudes historiques de la National Sunday Law. Un lien pertinent entre adventisme et antillanité est donc ouvert. A l’opposé des tensions que connaît l’adventisme aujourd’hui autour de la présence antillaise, la National Sunday Law permet de faire un pied de nez à des tensions internes à l’adventisme français en montrant qu’un groupe religieux dispose parfois d’éléments de compréhension des diversités humaines en son sein, même s’il  n’arrive pas a rebondir sur les éléments positifs de rapprochement avec lesdites diversités.

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