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Prélèvement à la source et dons aux groupes religieux: Le cas de la dîme chez les adventistes (Suite)

Le prélèvement à la source installe depuis ce mois de janvier de nouveaux repères. Les associations ont interpellés le gouvernement. En effet, elles craignaient que la baisse des revenus nets entraînerait des économies des ménages qui réduiraient les dons aux associations. Pour répondre à cette question le gouvernement a rassuré en indiquant le maintien de la déduction fiscale liée aux dons aux associations. De fait, des ménages perçoivent à compter de ce 15 janvier 2019 un acompte sur les dons qu’ils font aux associations. Plus largement, les instabilités qui se dessinent avec l’impôt à la source dans les groupes religieux, et ici l’Eglise adventiste du septième, ravivent une mise à distance de l’Etat. Mais là n’est pas la question pour l’instant.
Avec le prélèvement à la source les ménages peuvent avoir l’impression d’une baisse de leur revenu disponible en constatant percevoir un salaire net plus faible ou des pensions de retraites moins grandes. L’inquiétude est simple : les dons vont-ils décroitre ? Toutes les associations (cultuelles, culturelles et surtout humanitaires) le savent : les dons sont des actions particulièrement élastiques au sens des économistes. Cela signifie simplement, qu’une simple variation des revenus, des prix ont des conséquences sur le niveau des dons. Dans l’Eglise adventiste cette inquiétude se traduit concrètement par une crainte d’une baisse des de la dîme (10% des revenus demandés aux membres), des offrandes (des dons libres, dont la proportion par rapport aux revenus n’est pas fixée), et toutes les autres formes légales (legs…). Comme maintes associations, des fédérations d’églises adventistes mènent des évaluations sur les pertes éventuelles de dons.
Avec la pratique de la dîme la crainte est de voir une diminution d’une ressource essentielle de ressources pour financer le développement adventiste et son personnel. En ce sens, la Fédération France Nord (F.F.N) a réalisé une vidéo pédagogique qui fait polémique. Elle rappelle en bref que la mise en place de l’impôt à la source n’impacte pas le niveau des dons à réaliser (VOIR MA PRECEDENTE NOTE). La vidéo trahit une inquiétude sur le maintien des revenus de la F.F.N. Les détracteurs se sont mobilisés sur les réseaux sociaux, pasteurs compris, pour dénoncer la priorisation de la sécurisation des revenus de la structure adventiste au détriment des difficultés que vivent économiquement les adventistes. Il faut dire que dans la forme, l’unique insistance sur la démonstration visant à dire aux membres de continuer à payer le même niveau de dîme, dans un groupe religieux, généralement le jour de l’office hebdomadaire, le samedi, n’a certainement pas été conçue avec habilité. Une bonne cellule de communication aurait anticipé les incongruités.

Les inquiétudes, maladresses et réactions réinterrogent sur la relation aux dons et à l’impôts dans les communautés religieuses. (Il faudra vraiment élargir au rapport à l’Etat). Les membres qui déclaraient l’ensemble de leurs dons reçoivent comme tous des ménages qui faisaient des dons aux structures religieuses culturelles et humanitaires, des crédits d’impôts calculés sur la base des dons réalisés et déclarés par les ménages en 2018. Ils ont donc une avance fiscale encourageant à maintenir le niveau de la dîme dans le cas adventiste, à condition de n’avoir pas connu de changement de situation. Quid de ceux qui : commencent à faire des dons en 2019 ? Et ceux qui ont fait des dons en 2018 mais ont quitté l’Eglise adventiste ou ne font plus de dons simplement ? Ceux qui ont changé de situation ?... Ces questions reviennent du terrain adventiste et dans toutes les associations qui reçoivent des dons.
En grande partie les dons se réalisent en espèces, avec une faible traçabilité individuelle. Les membres ne demandent pas de tickets quand ils déposent quelques euros à l’instar d’un catholique laissant quelques pièces à l’Eglise ! Et c’est logique. Cette partie des dons et plus va peut-être connaître une variation momentanée. Toutes les études convergent pour montrer que sur le long terme les niveaux de dons devraient se maintenir, sauf changement structurel.
La polémique (VOIR L'AUDIO A LA FIN DE LA PRECENTE NOTE) sur la vidéo adventiste pour le maintien du niveau de la dîme avec le passage au prélèvement à la source traduit finalement, outre la polémique interne à la SDA, un véritable questionnement sur les formes de dons. Comment moderniser les dons ? Doivent-ils encore être principalement financiers ? La dîme est-elle, malgré sa légitimation théologique, un don qui doit évoluer ? S’il fallait faire une vidéo, c’est bien que les individus sur ce dernier point prennent beaucoup de largesses avec la dîme ! D’ailleurs, et c’est ce qui commence à remonter du terrain, des membres (dont nombres se sentent gilets jaunes) remettent en cause le caractère « obligatoire » de la dîme. Et surtout, dans quelles mesures les dons réalisés à l’Eglise, la dîme et les autres, peuvent-ils très concrètement bénéficier aux membres en particuliers les plus pauvres ? La question est récurrente et présente dans la critique : comment demander 10% à des membres de tout ce qu’ils gagnent, alors que ces mêmes membres n’arrivent pas à subvenir à leurs besoins ? La réponse idéologico-naïve est d’indiquer aux individus qu’ils doivent prier, payer la dîme et espérer une solution divine en réponse à leurs efforts personnels.

La vidéo pédagogique de la F.F.N a oublié, et c’est extrêmement surprenant, que le don en particulier financier a une définition bien plus large que dans l’ensemble de la société. Un individu adventiste ne fait pas que donner une partie de ses revenus pour le développement de l’Eglise ou pour une déduction fiscale. Les interviews le montrent sans détour, il s’agit d’un don très engageant où les individus finalement se donnent en partie. C’est peut-être pour cela que des réactions internes sont vives et dures. A la décharge des responsables, il est très difficile en France et surtout dans un groupe religieux d’aborder de manière décomplexée les contraintes budgétaires. 

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