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eglise adventiste du septième jour

  • Sortie le 18 septembre 2019 aux Editions Bayard de l’ouvrage LES MINORITES RELIGIEUSES EN FRANCE, dirigé par Anne Laure Zwilling,

    Présentation de l’Editeur

    « Cet ouvrage inédit, réunissant près de 80 sociologues, ethnologues, anthropologues, historien, veut permettre une meilleure connaissance des groupes religieux présents en France et leur évolution récente. Dans une approche inédite, il propose une série de chapitres présentant chacun en détail un groupe religieux. Ces mouvements religieux sont regroupés par grands ensembles confessionnels, ce qui permet de saisir la diversité interne de chacun de ces ensembles. Ce livre offre une couverture inégalée dans la présentation des groupes religieux, en évoquant certains déjà connus, mais en éclairant également d'autres qui restent largement à découvrir.
    Présenter, dans un ouvrage unique, l'ensemble des groupes religieux minoritaires de France fournira certainement un outil de travail extrêmement précieux à toute personne cherchant à connaître l'un ou l'autre d'entre eux. Cette vue d'ensemble fournit un élément précieux de connaissance du panorama religieux français. Elle permet également de saisir le positionnement des groupes dans l'espace public et les uns par rapport aux autres, contribuant ainsi à une meilleure intelligence du fait religieux dans la France contemporaine ».

    Ce que l’on peut en dire globalement
    Le challenge était intense et incroyable. Pour moi, réunir dans un même ouvrage, surtout dans un unique volume un tel panorama était insurmontable. Pourtant Anne Laure Zwilling, assisté de Lionel Obadia, Joëlle Allouche Benayoun et Rita Hermon Belot, l’a fait! Et Bravo. La mobilisation des chercheurs par différents laboratoires de recherches a été un atout.
    L’intense travail, de plus de 1 300 pages, est organisé en 7 sections.

    • Les religions asiatiques
    • Les catholicismes
    • Les christianismes orientaux
    • Les islams
    • Les judaïsmes
    • Les protestantismes
    • Les groupes « hors classement traditionnel »

    On pourra à mourir discuter de cette taxinomie et son contenu. L’avantage incontestable de ce dernier est de permettre une lisibilité, une comparaison, des groupes dans une société française où le lien avec le religieux participe à structurer la vie sociale.
    Même si c’est évident, il faut admirer le soin porté à mettre le pluriel dans chaque section. Evidemment, la pluralité des contributions affirme ce pluriel qui n’est qu’un constat de la réalité sociale.

     

    L’Eglise adventiste du septième jour est dans de la section sur les protestantismes. J’y développe son histoire et des aspects rarement mis en lumière de celle-ci. L'implantation française a été l'axe central du volet hisotorique. S'ajoute, son lien avec l’Etat, ses logiques internes de formation, les tensions qu’elle connait ou encore les enjeux de recherche qui restent à réaliser.

     

    Alors…
    L’ouvrage permet de faire, de manière systématique, scientifique, sous forme encyclopédique et pédagogique le point sur les minorités religieuses en France. Rien que cela invite à féliciter Anne Laure Zwilling qui de fait devient une artisane du mieux vivre ensemble. Bravo à elle.

  • Le rejet silencieux et croissant de la dîme dans l'Eglise adventiste du septième jour: (I) sept critiques répandues

    La dîme est le principal pilier de financement de l’Eglise adventiste du septième jour. Elle est une exigence légitimée théologiquement selon laquelle les membres doivent donner 10% de l’ensemble de leur revenu à l’Eglise adventiste du septième jour. En plus de la dîme d’autres dons, appelés offrandes sont laissés à la libre appréciation des membres. Nous l’avons déjà montré dès 2005 ; la dîme apparaît pour financer le fonctionnement de la SDA qui connaît une forte croissance, fin du XIX et début du XXè siècle. Elle stabilise les ressources économiques afin de payer les pasteurs qui, pour nombres, vivaient dans une précarité. Comme pour d’autres choix polémiques elle s’impose charismatiquement et par des démonstrations théologiques a postériori. Dans la profession de foi adventiste, le nouvel adhérent indique son adhésion à la dîme. 
    Aujourd’hui j’observe de manière récurrente dans les entretiens une poussée des postures réfractaires vis-à-vis de la dîme. Même s’ils ne le clament pas, des adventistes incontestablement de plus en plus nombreux, rejettent la dîme. Récemment, dans son manuel de formation continue de ses membre l'Eglise adventiste introduisait l'idée d'une deuxième dîme. Indiscutablement, cela a ravivé les critiques et amplifié les rangs des réfractaires. Surtout cela intervient après l'affolement adventistes de voir les dons reculer avec l'avènement en France de l'impôt à la source. Nous en avons déjà parlé dans deux précédentes notes (ICI et ICI AUSSI).
    Regardons les raisons qui résument provisoirement les raisons pour pour lesquelles des membres adventistes interviewés manifestent un rejet de la dîme. Dans un autre note nous reviendrons sur une dernière raison.

    1. Une légitimation théologique rejetée:
      S’appuyer uniquement sur une ancienne légitimation bureaucratique et un contexte historique de la fin du XXe et du début du XIXe ne permet plus de convaincre des esprits rationnels. En effet ces derniers notent de plus que : « le lien entre dîme et 10% de tous les revenus n’est pas ». Cette affirmation redondante pose donc une critique essentielle. Comment théologiquement, sans raccourci, objectivement, dire que la dîme renvoie à une proportion des revenus ? De plus, les détracteurs sont nombreux à souligner que la dîme est un ancien impôts de l'Eglise abandonnée en 1789. Elle est admise dans la SDA par des pionniers influencés par des groupes méthodistes et baptistes principalement (certains de ces groupes ont abandonné ou considèrent aujourd'hui la dîme comme un don libre).

    2. La dîme est bien plus qu’une proportion des revenus:
      En comparaison avec d’autres organisations religieuses, des membres considèrent la dîme comme 10% de l’ensemble des moyens dont ils disposent. Elle peut être vue sous l'angle financier, mais aussi en termes de temps mis à disposition, de matériels, et de toutes autres ressources.

    1. L’Eglise adventiste du septième jour comme unique bénéficiaire de la dîme :
      Cette critique est présente surtout chez les membres qui sont engagés dans des activités humanitaires et solidaires hors adventismes. Considérer l’Eglise adventiste comme unique destinataire d’une éventuelle dîme c’est pour eux ne pas prendre en compte d’autres actions aussi légitimes et qui permettent d’assister, d’aider des individus que l’Eglise adventiste ne peut atteindre. Donner de manière univoque à l’Eglise adventiste la dîme ce serait pour eux limiter les actions au sein d’autres structures.
      En interne ils doivent faire face à la critique qui distingue offrande et dîme. Mais d’un revers de main elle est rejetée car la capacité de dons n’est pas illimitée. 
      Cette critique est surtout, au-delà de la dîme une relativisation de la SDA comme structure de plausibiité ultime. Pour ne pas s’enfermer dans ce vocabulaire technique, cela revient à dire qu’intégrer d’autres groupes, associations, organismes… dans la dîme c’est considérer l’Eglise adventiste du septième jour comme une structure au même rang que ces dernières, et donc pas comme un espace parmi d’autres qui donne du sens aux liens, aux relations sociales, éthiques et religieuses.
    1. La dîme confiscatoire :
      10% des revenus est considéré comme un don élevé. Les réfractaires n’hésitent pas à faire le lien avec la fiscalité et notent que la dîme est supérieure à l’impôt ! De fait, la prise est ici vu comme une confiscation de pouvoir d’achat. Cet argument prend de l’ampleur dans un contexte de crise économique et social.

    1. La fonction bureaucratique :
      Les détracteurs reprochent à la dîme d’avoir pour fonction que le financement de la bureaucratie adventiste, surtout le paiement de fonctionnaires du culte (pasteurs) et administratifs. Ils invitent à remarquer que biens des leaders bibliques et historiques avaient d’autres sources de revenus que les simples dons des membres.

    1. L’inégalité perçue face à la dîme :
      La dîme est vécue comme profondément inégalitaire car soumettant de manière identique les individus sans prise en compte des revenus réels. C’est une perception bien loin de la réalité car le caractère proportionnel en fait une contribution égalitaire.

    2. La dîme conditionnaliste:
      C'est une critique récurrente selon laquelle la fidélité en la dîme conditionnerait les bénédictions divines. C'est donc considérer, indirectement, qu'il est possible d'influencer la volonté divine par la fidélité en des dons financiers. Vous comprenez bien que  théologiquement, éthiquement, moralement les critiques sont nombreuses. C'est d'ailleurs pour cette raison que nombres de groupes l'ont abandonné ou réduit à un don libre.

    Ces critiques sont de plus en plus partagées. Surtout, les pasteurs adventistes n'interpellent plus les membres individuellement pour le "manque de fidélité" à la dîme craignant aussi d'être considérés comme un groupe à tendance sectaire. 

    Outre ces critiques une autre, nouvelle, touchant au développement de l'Eglise adventistes du septième jour et des Etats est née, dans les pays pauvres, avec Haïti pour tête de prou dès la théologie de la libération. En Afrique elle est aussi massive avec les mouvements de réappropriation identitaire et de critique post coloniale. Elle est extrêmement importante. Nous y reviendrons dans la prochaine note. Affirmons déjà que cette critique majeure prend en compte toutes celles que nous avons présenté pour les dépasser et leur donner un plus fort impact.

  • L'assassin Donnie Edward Johnson, converti à l'Eglise adventiste sera exécuté

    Donnie a assassiné sa femme par asphyxie après avoir placé dans sa gorge un sac en plastic en 1984! Sa conversion à l'Eglise adventiste a fait grand bruit. Il en est devenu un responsable local dans le Tennessee. Le gouverneur Bill Lee a annoncé qu'il appliquera la décision.

    Le cas de Donnie est très intéressant. Il a mobilisé les communautés adventistes aux USA mais aussi les Evêques catholiques, les responsables de divers communautés évangéliques en plus des mouvements abolitionnistes. Ce cas est emblématique. En effet, il a conduit l'Eglise adventiste à une collaboration tacite avec de nombreuses organisation religieuses. Dans le Tennessee, des prières communes ont été organisé. Des sabbats ont été consacré à réaliser dans des églises des prières dite d'intercession en faveur de Donnie. La fille de la victime a déclaré pardonner à Donnie et s'est rallier à la demande de clémence pour celui qui anime des rencontre adventiste en détention.

    Bien que cela ne semble avoir d'effet sur Bill Lee, la collaboration tacite a été l'occasion pour nombres d'adventistes d'amplifier la collaboration avec d'autres groupes religieux et des militants abolitionnistes non religieux. On est bien loin de la vision de l'adventisme dans certaines zones géographique (Afrique, Amérique du Sud, Antilles françaises...) où tisser des liens avec les autres groupes religieux est toujours une question sensible.

  • #balancetonporc et le combat protestant pour l'égalité femme/fomme

    balancetonporcCe hashtag a inondé les réseaux sociaux et permet de revenir sur le rapport à la femme dans la SDA très sommairement. Outre Ellen G. White l’histoire a peu retenue la place des femmes dans l’adventisme. Cependant, à l’instar d’autres groupes protestants l’adventisme a développé des actions en faveur des femmes. La quasi-totalité des communautés locales adventistes dispose d’une administration, un département, consacré à l’accompagnement des femmes. Dans certaines zones, l’implantation de l’adventisme s’est faite en valorisant les femmes. Comme toutes les organisations, en interne la place de la femme doit encore progresser dans l’adventisme!
    Mais en lien avec le hashtag #balancetonporc il faut rappeler que l’adventisme a développé un programme arrivé à maturité au bénéfice des femmes qui subissent des violences. Le programme End It Now (merci aux lecteurs vigilants pour la correction d'une coquille) illustre l’adaptation de l’adventisme aux problématiques que connaissent les femmes dans les sociétés où il est implanté.
    Il faut dire que l’adventisme, surtout dans le protestantisme du sud est un puissant levier en faveur de la cause féminine, là où les Etats sont défaillant sur ce sujet. A Madagascar régulièrement les communautés adventistes organisent des marches, des conférences, des formations en faveur des femmes. En Roumanie la Casa ADRA est un centre qui accueille les victimes de violences domestiques. En Polynésie les marches adventistes se développent et attirent nombres d’acteurs non adventistes. En Afrique un long combat contre les mutilations génitales. Les exemples peuvent se multiplier. 
    Il faut reconnaître à l’adventisme et plus largement aux groupes protestants évangéliques une contribution pour un plus grand respect des femmes dans toutes les sociétés. Cela ne se fait pas sans heurt, sans tension ou même sans contradictions (y compris dans les groupes religieux qui défendent les femmes). Mais c’est un combat qui existe. #balancetonporc rappelle que les organisations protestantes doivent aussi être analysées au regard de leur contribution dans la lutte contre les injustices sociales.

  • Ethique de responsabilité et éthique de conviction au sein de la SDA aux Antilles.

    Cette note fait suite à la rencontre avec l’Association Pastorale de la Fédération de la Guadeloupe. Mes remerciements à ses membres pour l'accueil et à son responsable Franck Voltaire. 
    Photo de : http://www.adventiste-capesterre.org/vie-eglise/galerie-photos/917-lieux-de-culte-adventiste-en-guadeloupe

    Max Weber est d’un secours majeur pour comprendre les orientations qui existent dans les débats internes à une communauté religieuse pour construire ses liens avec la société.
    Pour avoir récemment échangé avec des pasteurs de différentes communautés, dont principalement les adventistes du septième jour, il existe toujours un débat sur les formes de relations à mettre en place avec la société globale. Certains développent l’idée qu’il faille s’arc-quebouter sur les positions de la communauté. C’est pour eux la primauté même si cela entraîne un rejet. D’autres s’interrogent sur la réception du discours dans la société et préfèrent modifier leur pédagogie, quitte à sélectionner des éléments pour faciliter l’accueil du message. Ceux-là sont sensible aux exigences légales et sociétales.
    Cette ligne de fracture, Weber l’a explicitée au travers de l’éthique de conviction et de l’éthique de responsabilité. L’éthique de conviction renvoie à l’idée, héritée de Kant, selon laquelle une action doit se structurée autour des principes supérieurs auxquels croient le porteur de l’action. De son côté l’éthique de responsabilité est conséquentialiste. Elle se structure autour des effets des actions. Elle s’interroge donc sur la réceptivité sociale de l’action.

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  • La relation au religieux de Richard Wright via l’Église adventiste du septième jour et le méthodisme.

    Richard Wright, Eglise adventisteL’œuvre de Richard Wright est incontournable dans l’histoire littéraire, politique et religieuse. Dans l’Amérique ségrégationniste elle pose les jalons d’une meilleure compréhension des représentations mutuelles entre les Blancs et les Noirs (les majuscules sont celles de Wright). En filigrane, l’Église adventiste du septième jour dans le sud de l’Amérique ségrégationniste, est un élément critique présent dans la toile de fond de Black Boy, l’autobiographie romanesque de Whright. Et plus qu’un livre, Black Boy m’apparaît comme un type de relation, de représentation, de la SDA construite par des individus ayant eut un parcours intime avec l’Église adventiste.

    Richard Wright est présenté comme « le premier grand écrivain noir à succès ». Dans Black Boyi il dépeint les cruautés raciales. S’ajoute une description fine des stéréotypes réciproques entre Noirs et Blancs (les majuscules sont de l’auteur) dans le sud américain ségrégationniste. Wright prend le temps de restituer les rationalités que développent les individus. Rendre compte des causes profondes qui expliquent les comportements semble être son obsession. De longs passages proposent au travers des yeux du jeune Richard d’entrer dans la construction des représentations sociales et raciales des Noirs par l’Amérique blanche raciste et vice versa. Ainsi l’auteur via son expérience et sa création littéraire participe à une sociologie descriptive des relations sociales et des rationalités. L’ouvrage ressemble en de nombreux points aux œuvres interactionnistes des sociologues de l’Ecole de Chicago. Parmi les causes sous-jacentes à l’activité humaine en contexte ségrégationniste, Wright insiste sur les impacts d’une pratique religieuse littérale. Plus globalement, le religieux protestant apparaît comme une instance symbolique qui n’oriente pas les individus vers une connaissance du monde et de soi. Au contraire, ce religieux contribuerait à renforcer, reproduire la domination. C’est en partie à cette fin que Black Boy use de l’Église adventiste du septième jour et du méthodisme. L’Église adventiste est ainsi un moyen littéraire astucieux pour établir les tensions posées entre la quête de liberté et l’ascèse religieuse protestante littérale, voire fondamentaliste. Le méthodisme est quant à lui l’espace où la pression sociale, via la manipulation de sentiments, se réalise pour contraindre à la conversion religieuse. Ces deux traditions religieuses extrêmement liées par l’histoire et le contenu des croyances sont en fait utilisées comme archétype du religieux. La notion d’archétype renvoie à la définition philosophique qui fait d’un modèle particulier le réducteur d’un modèle plus général. J’utilise le terme également au sens de Carl Gustav Jung, c’est à dire une image inconsciente d’une singularité qui renvoi à un ensemble vaste et qui alimente l’inconscient collectif. Découvrir finalement l’adventisme et le méthodisme dans Black Boy c’est finalement accéder à la représentation du religieux chez Wright.

    C’est au travers des yeux du jeune Richard, narré avec recul et reconstruction par l’auteur, Richard Wright, que nous allons percevoir l’adventisme. Le lecteur le rencontre au travers plusieurs filtres Ainsi, l’Egise adventiste du septième jour nous arrive par le biais de 1) l’expérience familiale de Wright, 2) de ses relations sociales, 3) de sa perception de l’institution scolaire. Quant au méthodisme ilest utilisé pour illustrer le religieux comme un espace de pression sociale.

    La construction - restitution, romanesque de Wright est si fidèle aux enquêtes que je mène sur la perception de la SDA par des anciens individus ayant été socialisés dans la SDA que l’on pourra peut être parler d’une perception Wrightienne de l’Église adventiste du septième jour. Voyons concrètement ce dont il s’agit à partir du jeune Richard dans Black Boy.

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  • A découvrir ou redécouvrir "En quête d'identité. Les grandes étapes des croyances adventistes" de George R. Knight

    En quête d'identité George Knight, Eglise adventiste du septième jourL’ouvrage de l'historien adventiste George Knight publié en 2008 pour les francophones me semble passer trop inaperçu auprès du grand public et des adventistes. Préfacé par Neal C. Wilson ancien Président de la Conférence génrale des adventistes, En quête d'identité est très connu dans les rangs universitaires. Il est central dans l’enseignement de l’histoire de l’adventisme donné à la Faculté de Collonges sous Salève.
    A sa sortie française, les éditions Vie et santé insistaient sur les différentes figures marquantes présentes dans le livre et qui allaient influencer la théologie adventiste. Mais à le relire alors que personnellement je revisite l’histoire adventiste, le livre de Knight est bien plus. Il transporte le lecteur aux premières loges des « grandes étapes de l’histoire des croyances adventistes », comme le stipule son sous-titre. 

    « La plupart des fondateurs de l’adventisme ne pourraient pas joindre à l’Église aujourd’hui s'ils devaient accepter les 28 croyances. » (G.R. Knight)


    L’auteur commence par une observation qui m’est chère. « La plupart des fondateurs de l’adventisme ne pourraient pas joindre à l’Église aujourd’hui... ». En effet nombreuses croyances étaient rejetées par les fondateurs, James White, Joseph Bates ou J. V. Himes. Tous refusaient la Trinité et étaient des unitariens. Il en va de même pour nombres de croyances. Mais le plus intéressant est le rejet de James White d’un credo. Il refusait que l’on dresse une liste de croyances fondamentales. Impensable pour James White car ce serait construire des barrières prétextes pour rejeter des individus.
    Georges Knight montre tout au long de son ouvrage comment l’adventisme est devenu une administration religieuse qui développe par luttes d’influences une théologie qui se conforme de plus en plus au christianisme. C’est vrai que l’on retient de l’histoire de la théologie adventiste les vives débats de 1888 sur la justification par la foi. Mais à lire notre auteur entre les lignes, ces débats son le propre des mouvements religieux qui se consolident. La surprise vient plus des logiques non théologiques, purement organisationnelles et qui auront des impacts sur la théologie.

    Pour le sociologue ce travail est intéressant car il remet en cause l’approche magique, spectaculaire de la révélation. Derrière ce mot se cache simplement les innovations et interactions sociales. Evidemment celles-ci peuvent pour le croyant être impulsés par le divin. C’est en cela que ce livre est mémorable. Il ne met pas en cause la notion de révélation mais la démystifie permettant ainsi son analyse et sa critique.
    Une chose est claire pour l’auteur et j’en suis content car il s’agit de mon cheval de bataille. L’identité adventiste est dynamique et est une construction dont tous les outils peuvent être compris.

    En quête d’identité est un livre incontournable pour ceux qui veulent avoir une vision historique distanciée sur l’adventisme.

    George R. Knight, En quête d’identité. Les grandes étapes de l’histoire des croyances adventistes. Ed. Vie et Santé, Dammarie-les-Lys, 2008. 242 pages, 13,70€ version papier et 6,99€ version numérique.

  • L’Église adventiste du septième jour dans le fil de l’actualité recensé par l’AEIMR

    L’Association d’Étude et d’Information sur les Mouvements religieux est devenue depuis plusieurs décennies une référence « non institutionnelle » (des guillemets parce que je ne vois pas comment mieux dire) d’informations et d’analyses du fait religieux. Autour de Bernard Blandre l’AEIMR a été certainement la première structure à étudier l’histoire de l’Église adventiste du septième jour de manière systématique et systémique. L’Église adventiste du septième jour est ainsi abordée dans une histoire globale (pardonnez le singulier) des mouvements religieux minoritaires.

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  • L'adventiste Ben Carson rejoint l'administration Trump

    Ben Carson, Eglise adventiste du  septième jour, Donald TrumpNeurochirurgien de renom, Ben Carson s’est un temps opposé à Donald Trump lors des primaires avant se rallier à ce dernier. Extrêmement conservateur, Ben Carson est un adventiste dont l’histoire ressemble à une succès Story américaine.

    Découvrez le parcours de Ben Carson dans ces anciennes notes.

     

    Ben Carson: le neurochirurgien adventiste candidat aux primaires républicaines

     

    Ben Carson se rallie à Donald Trump

  • "Dis le au Monde" le long métrage de l'église adventiste sur son histoire.


    Ce samedi 3 décembre à la Maison de l’Espérance au 13 rue Gracieuse à Paris (75005), je présenterai mon livre Regards croisés sur l’Église adventiste du septième jour. Je commenterai également la projection du film Dis le au Monde. Il s’agit d’un long métrage sur l’histoire de la SDA. Réalisé par la « filiale » australienne à partir de données historiques relevées par les chercheurs du groupe. Ce « realdocumentaire » de plus de 2 heures porte à l’écran les principaux fondateurs du millérisme, puis de l’Église adventiste du septième jour

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  • Petite brève sur plus de 160 ans de présence adventiste dans la presse française.

    Archives, Presse, Eglise adventiste du septième jour

    L'Eglise adventiste du septième jour apparaît dans la presse dès le XIXe siècle en France. En 1852 dans le journal catholique L'ami de la religion du Roi, journal de revue ecclésiale (1814-1862), Henry de Courcy présente la SDA comme une secte qui remporte la palme du produit le plus honteux du protestantisme (p. 504).

    Les journaux Le temps (Numéro 6590 du 7 mai 1879) et Le Gaulois (numéro 3298 du 9 septembre 1891) relatent l'installation de l'Eglise adventiste du septième jour en notant la modernité des stratégies de communication adventistes. Les tentes adventistes qui hébergent le public, le professionnalisme de l’installation, la capacité à communiquer étonnent. Globalement, la presse note l'insistance adventiste à observer le samedi comme jour de repos. Cet attrait « exotique » de la SDA attire l’attention.

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  • Près de 50% des nouveaux convertis quittent l'Eglise adventiste du septième jour

    statistiques,eglise adventiste du septième jourLes nouvelles statistiques publiées par l’Église adventiste du septième jour conduisent à souligner deux points. Premièrement c’est une organisation religieuse en forte croissance. L’adventisme dit du sud (Afrique, Brésil… ) contribue grandement. Mais globalement, bien que l’on compte plus de 19 millions d’adventistes, presque un converti sur deux abandonne les rangs. Si en 2000 43 % des convertis officiels (baptisés) désertaient, en 2015 ce taux est de 49 %. C’est exactement celui que m’indiquait Régis Dericquebourg pour les jéhovistes mais une génération. Commentant ces données, Religioscope fait le parallèle avec l’Église des saints des derniers jours via la célèbre étude de Charles Carter (2011). Par projection, la revue Adventiste Magazine note qu’en l’absence de ce phénomène le contingent adventiste serait de 50 millions d’individus.

     

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  • Revenu moyen des adventistes du septième jour aux USA.

    Les derniers chiffres de la Religions Landscape Study sur la répartition des revenus dans les groupes religieux américains sont édifiants. Comme le souligne Sébastien Fath, ils permettent d'avoir une vision plus précise et montrent par exemple l'important revenu moyen des musulmans américain qui est supérieur à biens d'autres, dont les adventistes du septième jour. Plus de la moitiés des adventistes américains ont un revenu supérieur à 30 000$/an. 1/3 a même des revenu supérieur à 50 000$/an. 15% des adventistes ont des revenus de plus de 100 000 $/an. Ces proportions sont relativement faibles par rapport aux autres organisations religieuses américaines. En effet ils sont inférieur au revenu moyen des adultes américains, faisant de l'Eglise adventiste la 20e organisation dans un classement de 23 groupes !

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  • Nouveau tirage de "Regards croisés sur l'Eglise adventiste du septième jour"

    Mon dernier livre Regards croisés sur l'Eglise adventiste du septième jour » sera rapidement réimprimé pour faire face à votre demande. En attendant vous pouvez le télécharger chez les libraires en ligne.

     

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