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Les enseignants de la Faculté Adventiste de Théologie répondent aux questions autour de la pandémie du Covid-19

Merci à JL Rolland pour le lien vidéo et l'info

N'oubliez pas de lire ce que j'en dis sous la vidéo!

La faculté adventiste de Colonge Sous Salève vient de mettre en ligne une réflexion globale, très intéressante, sur le Covid-19, à partir de questions qui lui sont remontées. Notons qu’il s’agit d’une « réflexion en marche » comme j’aime à le dire au sens du Collège de France, car la découverte successive d’éléments nouveaux sur le coronavirus pousse toutes les disciplines à continuer la construction de la réflexion.
La vidéo répond sans détour à des questions très sensibles dans une tradition religieuse où le prophétisme et la tentation de lire le monde uniquement par son prisme est présent. De fait, les chercheurs enseignants naviguent dans un cadre qu’ils connaissent parfaitement mais avec le risque de surprendre ceux qui attendent d’eux une confirmation de prophétisme. Il faut souligner qu'aucun interlocuteur est tombé dans la tentation de la fièvre prophétique. La mesure est toujours gardée et la bonne distance toujours présente. Oui, le prophétisme est présent et même omniprésent mais contextualisé, objectivé, alimenté de comparaisons… Surtout les questions auxquelles les enseignants proposent des pistes de réponses sont empiriques, quotidiennes et n’enferment pas dans l’adventisme, même si, et c’est quand même normal, la lecture est adventiste. Quelques-unes de ces questions (mais en réalité toutes) ont attiré mon attention. La première : La crise sanitaire et financière, « avec la notion de ne plus pouvoir acheter ni vendre », sont-elles de signes de la fin des temps ? Les approches théologiques proposées laissent place au prolongement de la réflexion. Une dimension est apparue, celle de l’écologie, de la place de l’individu comme gestionnaire de la création. Et là, il me semble qu’un lien évident peut être fait avec les chroniques de Gérard Fleidzer sur France Info, montrant que c’est dans la promiscuité avec le monde animal, en d’autres termes dans une mauvaise gestion de la création que naît l’essentiel des pandémies ! Cela n'est pas sans écho à la notion de l'homme gestionnaire de la création.
D’autres questions directes et connexes sont présentes : Est-ce que Dieu utilise les moyens de de destruction ? Est-ce que l’Esprit de Dieu se retire ? Les intervenants attirent sur les risques de telles questions certes légitimes. La question sur la "soumission" aux autorités a été aussi affronté.

J’ai aussi particulièrement été sensible à la réflexion sur la fin des temps. Pourquoi ? Parce qu’elle est en fait celle qui structure les autres dans un groupe religieux comme l’Eglise adventiste du septième jour, où certains construisent une véritable météo de la fin des temps. Cartographies, relevés d’informations, détections d’intempéries (comme la pandémie), dans l’unique but de s’inscrire dans un catastrophisme sont réalisées par des membres. Et je n’exagère pas. J’ai vu dans mes enquêtes des adventistes avec des cartes chez eux, des chronologies, des fresques, compilant tout ce qui pour eux est signe de fin des temps. Le fait que les chercheurs et enseignants redéfinissent simplement, pédagogiquement la notion de fin des temps permet de dépasser le catastrophisme pour faire de la notion de Signe des temps, une « opportunité, une occasion à saisir » de se réinterroger intimement et sur la place de l’individu dans la société. C’est donc avant tout "une invitation à veiller".

Dans un groupe religieux où les membres sont sensibilisés à développer une sémantique autour de la parousie, l’exercice n’était pas simple. Être pédagogue en restant fidèle à l’esprit aux fondamentaux prophétiques d’une tradition religieuse, tout en inscrivant la réflexion dans le dynamisme de la construction de la pensée, est un exercice difficile, car pouvant être accueilli comme un exercice de relativisation, d’édulcoration. Les enseignants de la faculté adventiste ont surmonté tous les obstacles. Des réponses pratiques à l’usage de leurs membres et cadres, tout en laissant ouverte l’explication, le raisonnement à tous les éléments non connus qui seraient susceptibles de le conforter ou l’amender.

Je suis radin en éloge mais là il faut féliciter ce travail mené dans une extrême complémentarité. Et comme je le disais dans la précédente note, nous sommes bien dans un exercice qui montre que le confinement force les communautés religieuses à se déconfiner pour être audibles, compréhensibles pour ses membres et l’ensemble de la société. Exercice réussi

Commentaires

  • Je n'étais pas au courant de cette vidéo. Aujourd'hui le Covid-19 c'est le stress tout le temps. Cette vidéo permet de remettre les points sur les "i".

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