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Actualité

  • Le défi de la réorganisation des cultes suite aux Covid-19 (I)

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    Depuis plusieurs semaines je suis interrogé par des communautés religieuses sur les conséquences d’une réorganisation des rituels en raison de la Covid-19. Des dimensions complémentaires doivent être distinguées sur ce point. Pour le comprendre je vous propose trois notes sur le sujet, chacune revenant sur une des dimensions à prendre en compte lors de la réorganisation des cultes. Commençons par la dimension ergonomique pour appliquer les mesures d’hygiène visant à circonscrire la diffusion d'une pathologie infectieuse, ici la Covid-19.

     

    La dimension hygiénique et ergonomique

    L’organisation spatiale est devenue un enjeu majeur. C’est à partir de ce dernier que toutes les autres réorganisations se réalisent. Pour qu’une communauté religieuse prenne en compte les contraintes infectieuses il faut donc qu’elle réaffirme le cœur, l’essentiel du sens de son action afin que la gestion de l’espace contribue à atteindre l’objectif assigné. Mais commençons par un point important qu'est la redéfinition de la relation avec l'Etat. Dans la prochaine note nous soulignerons les questions que la relation avec l'Etat soulève.

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  • La démarche écologique en adventisme: leçon à partir de "L'Eglise verte"

    Eglise verteL’Eglise verte est un label qui a un succès important dans les paroisses catholiques, basé sur l’encyclique Laudato Si du pape François publié en 2015. Le label demande une conception de l’individu dans une approche environnementale, économique, sociale et spirituelle. Il est finalement un versant de la théologie catholique au développement durable. Rappelons que le développement durable est la capacité des générations actuelles à satisfaire leurs besoins tout en garantissant aux générations futures cette même capacité. Pour cela il faut satisfaire les besoins économiques, sociaux et environnementaux. Laudato Si peut être sociologiquement perçue comme une conscience catholique récente pour s’impliquer dans le développement durable au sein des paroisses. Le Label Eglise verte est un aspect opératoire de l’encyclique. Par effet de comparaison il montre une certaine conscience protestante ancienne sur le sujet mais qui ne s’est pas organisée pour se systématiser. Je prends dans le cadre de ce blog l’exemple adventiste. En 2009 j’écrivais une note sur l’écologie adventiste, et en 2010 sur la particularité de la notion d’écologie dans l’adventisme. Dans ces notes je soulignais l’importance d’une approche non culpabilisante, responsable, globale de l’écologie déjà présente dans l’adventisme.

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  • Quand la Miviludes participe à la stigmatisation sur fond de covid-19

    20200226T0748-34383-CNS-ASH-WEDNESDAY-VIETNAM_0.jpg.pngLa Miviludes est une structure que je considère comme nécessaire à la vie démocratique. Elle est même indispensable dans la construction encadrée des oppositions nécessaires à l’expression des libertés. Cependant, et j’insiste, cette structure ne peut pas fonctionner sur des préconceptions avec des affirmations irrationnelles, alors qu’elle peut être, en tout temps, consultée par les décideurs et influencer. D’ailleurs, il ne faut jamais oublier que depuis sa fragilisation et la logique mise sous coupole du Ministère de l’Intérieur, la Miviludes a le sentiment de jouer sa survie. Dans un article publié ce 29 avril 2020, la Miviludes avance une logique trouble qui révèle une méconnaissance des groupes dont elle veut défendre les individus.

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  • Les enseignants de la Faculté Adventiste de Théologie répondent aux questions autour de la pandémie du Covid-19

    Merci à JL Rolland pour le lien vidéo et l'info

    N'oubliez pas de lire ce que j'en dis sous la vidéo!

    La faculté adventiste de Colonge Sous Salève vient de mettre en ligne une réflexion globale, très intéressante, sur le Covid-19, à partir de questions qui lui sont remontées. Notons qu’il s’agit d’une « réflexion en marche » comme j’aime à le dire au sens du Collège de France, car la découverte successive d’éléments nouveaux sur le coronavirus pousse toutes les disciplines à continuer la construction de la réflexion.
    La vidéo répond sans détour à des questions très sensibles dans une tradition religieuse où le prophétisme et la tentation de lire le monde uniquement par son prisme est présent. De fait, les chercheurs enseignants naviguent dans un cadre qu’ils connaissent parfaitement mais avec le risque de surprendre ceux qui attendent d’eux une confirmation de prophétisme. Il faut souligner qu'aucun interlocuteur est tombé dans la tentation de la fièvre prophétique. La mesure est toujours gardée et la bonne distance toujours présente. Oui, le prophétisme est présent et même omniprésent mais contextualisé, objectivé, alimenté de comparaisons… Surtout les questions auxquelles les enseignants proposent des pistes de réponses sont empiriques, quotidiennes et n’enferment pas dans l’adventisme, même si, et c’est quand même normal, la lecture est adventiste. Quelques-unes de ces questions (mais en réalité toutes) ont attiré mon attention. La première : La crise sanitaire et financière, « avec la notion de ne plus pouvoir acheter ni vendre », sont-elles de signes de la fin des temps ? Les approches théologiques proposées laissent place au prolongement de la réflexion. Une dimension est apparue, celle de l’écologie, de la place de l’individu comme gestionnaire de la création. Et là, il me semble qu’un lien évident peut être fait avec les chroniques de Gérard Fleidzer sur France Info, montrant que c’est dans la promiscuité avec le monde animal, en d’autres termes dans une mauvaise gestion de la création que naît l’essentiel des pandémies ! Cela n'est pas sans écho à la notion de l'homme gestionnaire de la création.
    D’autres questions directes et connexes sont présentes : Est-ce que Dieu utilise les moyens de de destruction ? Est-ce que l’Esprit de Dieu se retire ? Les intervenants attirent sur les risques de telles questions certes légitimes. La question sur la "soumission" aux autorités a été aussi affronté.

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  • Le covid-19 impose aussi au religieux un questionnement majeur

    L'ensemble des grandes fêtes religieuses est remodélée en raison du Covid-19. Pâques pour les chrétiens, Pessah chez les juifs, et le Ramadan vont devoir se vivre dans une expression privée malgré leur dimension familiale, communautaire. Pourtant toutes ses fêtes sont avant tout des moments communautaires. Plus largement le coronavirus impacte l'ensemble des relations dans notre société. C'est aussi le cas pour le religieux qui a été chronologiquement la première institution sociale touchée en France via le rassemblement protestant de l'Eglise de la Porte Ouverte à Mulhouse le 17 février. L'histoire retiendra que le protestantisme a été "un amplificateur" de la pandémie en France. Cela aurait pu être un concert, un rassemblement sportif, un meeting politique! Mais que ce soit par cette chronologie malheureuse de l'épidémie et plus globalement sur les changements imposés dans les rapports sociaux, les groupes religieux, comme l'ensemble de la société, doivent faire face à un avant et un après covid-19. Il faut pour cela se rendre compte des questionnements, des problématiques que le coronavirus renvoie aux groupes religieux.

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  • 2019: Bilan (trop) rapide de l'Eglise adventiste en Francophonie entre tensions et succès [Mise à jour]

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    Comment faire un bilan de l’année 2019 sur l’Eglise adventiste du septième jour dans l’espace francophone ? Faisons simple en constatant les tensions et les succès.

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  • EN LIGNE: Recension de l'ouvrage de Daniel Milard "L'Eglise adventiste du septième jour à la Martinique et la laïcité"

    daniel milard,martinique,antilles,églie adventiste du septième jourL’ouvrage que vient de publier Daniel Milard, adventiste et personnalité de renom en Martinique, montre à quel point l’intérêt pour l’Eglise adventiste du septième jour devient de plus en plus vif. Et tant mieux car cela permet à l’ensemble du corps social de mieux appréhender une offre religieuse qui participe à la structuration du vivre ensemble en Martinique.
    Différentes revues spécialisées et scientifiques me proposaient de réaliser une recension de l’ouvrage de Daniel Milard après avoir reçu une première très négative d'un confrère.
     Je viens de plutôt opter pour une recension en accès libre sur les Archives ouvertes des sciences sociales bientôt. En effet, ma recension venait confirmer des critiques qui mettent en évidence des manques graves de l'ouvrage. Inutile d'alimenter le fonds d'une revue avec cette recension. Toutefois, la seule existence de l'ouvrage de Milard dénote un besoin d’analyse, de mise en perspective de l’adventisme au sein de la société martiniquaise. Ce travail initié surtout par Raymond Massé, ici poursuivi par Milard est un chantier à réaliser. Bien qu’accueillant avec circonspection ce travail, surtout en raison des imperfections liées à l’absence de méthode, il faut saluer l’ouvrage de Milard qui repose la question de la perception mouvante de la laïcité en terre martiniquaise. Nous espérons que c’est ce dernier point qui marquera malgré un manque évident de méthodologie scientifique qui fait que nous sommes en présence d'un ouvrage dont les apports sont inférieurs aux extrêmes imperfections.

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  • L'assassin Donnie Edward Johnson, converti à l'Eglise adventiste sera exécuté

    Donnie a assassiné sa femme par asphyxie après avoir placé dans sa gorge un sac en plastic en 1984! Sa conversion à l'Eglise adventiste a fait grand bruit. Il en est devenu un responsable local dans le Tennessee. Le gouverneur Bill Lee a annoncé qu'il appliquera la décision.

    Le cas de Donnie est très intéressant. Il a mobilisé les communautés adventistes aux USA mais aussi les Evêques catholiques, les responsables de divers communautés évangéliques en plus des mouvements abolitionnistes. Ce cas est emblématique. En effet, il a conduit l'Eglise adventiste à une collaboration tacite avec de nombreuses organisation religieuses. Dans le Tennessee, des prières communes ont été organisé. Des sabbats ont été consacré à réaliser dans des églises des prières dite d'intercession en faveur de Donnie. La fille de la victime a déclaré pardonner à Donnie et s'est rallier à la demande de clémence pour celui qui anime des rencontre adventiste en détention.

    Bien que cela ne semble avoir d'effet sur Bill Lee, la collaboration tacite a été l'occasion pour nombres d'adventistes d'amplifier la collaboration avec d'autres groupes religieux et des militants abolitionnistes non religieux. On est bien loin de la vision de l'adventisme dans certaines zones géographique (Afrique, Amérique du Sud, Antilles françaises...) où tisser des liens avec les autres groupes religieux est toujours une question sensible.

  • Une piste de solution au "Mouvement des gilets jaunes" : l'instauration de midterms à la française

    Gilets jaunesLe rapport à l’Etat est aussi requestionné par les gilets jaunes avec le Référendum d’Initiative Citoyenne. Les tutoriels se multiplient sur YouTube pour l’expliquer. Il révèle toutefois un besoin de traverser les législatures par plus de liens entre citoyens et politiques.
    Sur le rapport à l’Etat un début de solution existe et me semble simple. Il ne répond pas à toutes les questions, mais devrait être regardé sereinement. De quoi s’agit-il ; de la déconnexion entre élection présidentielle et élection législative. Avec l’adossement des législatives à la présidentielle, le quinquennat devient trop facilement un kit de la toute puissance présidentielle. Les députés sont aux pas, le sénat une « basse chambre basse ». La déconnexion de l’exécutif avec la populace devient inéluctable.

    En faisant des législatives des élections de mi-mandat à la française, cela aurait pour avantage de rééquilibrer le quinquennat et la Ve au bénéfice de dêmos. C’est connu: le pouvoir n’a d’hygiène que si les urnes et non la rue forment une épée de Damoclès au-dessus des décideurs, en jugulant le populisme. Il faut revenir à cela. A défaut la légitimité se déplace logiquement dans la rue. Organiser ce changement n’est pas simple avec le pouvoir de dissolution et les télescopages de calendriers électoraux. Mais là ce sont des questions techniques visiblement élémentaires pour les constitutionnalistes. L’imposition de législatives obligatoirement deux ans par exemple après la présidentielle est une piste, quitte à interrompre des mandats.

    La démocratie française a besoin de respiration et d’encrage. Les midterms à la française seraient un début de discussion de solutions rapides et concrètes. Elles n’éliminent évidemment pas les autres pistes et même restent compatibles avec toutes sans exception (si on fait abstraction de l’anarchie).

  • Créatifs culturels et imbrications chez les adventistes du septième jour

    créatifs culturels,paul rayL’expression de « créatifs culturels » est une proposition popularisée par Paul Ray. Groupe théorique, dont la conscience d’appartenance est relative ou inexistante, il est composé d’individus qui œuvrent pour le changement de valeurs sociales. Certains s’organisent en groupes de pressions, mais la grande majorité des créatifs culturels sont des isolés, dans leurs actions, pratiques, voir croyances. Ils sont des avant-gardistes de l’évolution de la société. Les créatifs culturels ont été formalisé par Ray autour de quelques points généraux que sont :

    • Le développement personnel,
    • Le développement durable avec la prise en compte des variables économiques, écologiques et sociales,
    • L’intégration de valeurs féminines,
    • L’implication de valeurs solidaires, humanitaire pour la construction d’un meilleur espace social.

    Certains créatifs ont une influence spirituelle. Ils forment l’essence sociographique de ce mouvement. D’autres, sont moins influencés par le spirituel. Les spiritualistes sont des descendants d’une multitude de mouvements voulant la réforme de la société. Mouvements utopistes, religieux, réformateurs, hygiénistes, déistes, communistes, libertariens… sont des influences non exhaustives.

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  • Fake News en adventisme sabbatiste (IV). La perte de vitesse de la rationalité.

    Fake NewsDepuis Max Weber nous savons que le religieux est un espace d’expression de la rationalité. Le religieux anime la rationalité par des actes et des croyances dont la finalité est l’obtention du salut. On peut bien parler de rationalité car les actions sont construites logiquement, se légitiment par expérimentation et laissent la place à une évaluation. Plus que le bien fondé qui n’intéresse pas le sociologue il y a la structure de penser et d’agir.
    Il est indéniable que dans l’offre religieuse, l’Eglise adventiste du septième jour se démarque encore, même s’il y a là une perte de vitesse, par des actes rationnels. Surprenant pour certains, mais empiriquement vrai, l’Eglise adventiste du septième jour offre un équilibre entre rationalité scientifique et quête du salut. Le développement en son sein d’actions de préventions sanitaires par des professionnels de santé ou encore l’engouement pour le développement de la sont des exemples probants. Cela fait écho à l’histoire adventiste où le déisme scientifique a été un levier majeur de Miller à aujourd’hui.

    FAke NewsCe cadre a été longtemps un rempart contre les fausses informations vérifiables. Des communautés locales avaient un protocole strict de vérification des contenus des discours des individus qui avaient une responsabilité dans le groupe. Il est vrai que l’objet était avant tout de vérifier la compatibilité entre ce qui serait dit et les croyances officielles adventistes. De plus, pour grand défaut, ces protocoles empêchaient une flexibilité, une adaptation face à la rapidité des questions sociales. Mais, le glissement vers des expressions émotionnelles marque un retournement. Je l’ai déjà indiqué en notant que l’évolution de la structure même du programme adventiste le sabbat illustre ce glissement où la rationalité perd de sa place.

    Lors d’une observation de terrain il y a quelques mois, j’écoutais dans une communauté adventiste une responsable de l’enseignement des enfants raconter une histoire. Visiblement plus que l’histoire, c’est l’envie de convaincre les enfants et l’assemblée qui prévalait. En effet, la conteuse relata (si ma mémoire est bonne au Brésil) qu’un lion élevé en captivité avait préféré se détourner du lait et d’aliment carné et opter pour des légumes. Preuve était faite selon elle du bien fondé du régime alimentaire végétalien et des positions adventistes sur l’hygiène alimentaire. Vous devez penser que je caricature. Ben non. Heureusement que je prends des notes !

    Ce qui m’a surpris, c’est que cela se déroulait dans une ville qui est un pôle universitaire avec des facultés de médecine et de vétérinaire ! Evidemment la légèreté de la démonstration fait rire, mais elle fut diffusée. Pire, non remis en cause et exprimée devant toute une assemblée.

    Que montre cela ? L’absence de rigueur minimale dans l’enseignement a fait passer l’objectif de l’enseignement au détriment de la démonstration. Et là est un ressort des Fake News. Peu importe les moyens, la fin est la priorité. Et d’ailleurs, plus c’est gros, plus cela passe (au moins en apparence).

    Fake NewsEn devenant de moins en moins exigeante sur le fond et la forme de son enseignement, la SDA laisse entrer les jalons, les repères cognitifs qui par la suite seront des booster de fake news. L’allongement de la durée des programmes et la place de plus en plus grandes aux convocations émotionnelles font de l’adventisme dans certaines communautés (je pense que le phénomène se généralise) une religion qui perd une de ses valeurs ajoutées à savoir un discours religieux dont la construction se cimentait rationnellement. Finalement, de plus en plus de discours et de situations qui se développent dans l’Eglise adventiste du septième jour confirment ce que savent les sociologues depuis longtemps : un groupe religieux est surtout un groupe religieux parce que social, c’est-à-dire qui connait les mêmes réalités et problèmes que l’ensemble de la société.

  • Fake News dans l'Eglise adventiste et le monde évangélique (III)

    Fake news adventisteLes fakes news vous l’avez compris sont de plus en plus présents dans notre environnement y compris dans la sphère religieuse. Il devient parfois impossible de faire le distinguo entre réalité et fake news. Les premières se diffusent à une vitesse pharaonique au point que sa grande répétition rend parfois complexe, voir impossible sa vérification. Le travail d’analyser, d’informer devient ainsi de plus en plus complexe également. Les églises sont conscientes des enjeux.
    La récente publication par le Département de la Liberté Religieuse et des Affaires Publiques de la Fédération des Eglises adventistes de la Guadeloupe en est une illustration. Les groupes religieux doivent faire face à la même problématique rencontrée dans l’enseignement, le journalisme ou encore la géopolitique. Derrière chaque fake il y a une naïveté parfois, mais de plus en plus une intentionnalité qui vise à distiller de fausses informations pour tromper, manipuler et même déstabiliser.

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  • La lente reconnaissance du "génocide voilée" et les défis pour repenser l'esclavage des peuples noirs

    Tidjane N'DiayeFrance Inter et France Info ont donné la parole durant cette commémoration des abolitions de l’esclavage à Tidiane N’Diaye. Et c’est magnifique.
    Je ne peux plus compter le nombre de fois où dans des échanges avec des experts j’ai indiqué qu’il faudra un jour regarde avec honnêteté, globalement, l’histoire de l’esclavage, en insistant sur la traite trans-sahélienne. J’avais d’ailleurs lu le livre de Tidiane N’Diaye dès sa parution sous le conseil de mon ami le poète Djédjé Désiré, ici bien nommé. Cette traite a duré 13 siècles et a été le plus grand acte de dépeuplement par déportation. C’est ce qu’analyse, dans l’isolement, N’Diaye.
    L’auteur n’est pas dupe. Il sait qu’il rentre dans le mémoriellement incorrect. Dans les populations noires, dire qu’une traite dite arabo-musulmane a fait plus de dégâts que la traite transatlantique pose de nombreux faux problèmes.

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  • Fake news en adventisme et dans le monde évangélique (II)

    fake.jpgLes fakes news qui attisent et confirment chez certains membres des communautés religieuses ont différentes fonctions. Ils renforcent le sentiment d’élitisme lié à la marginalité. Les groupes religieux minoritaires considèrent détenir une vérité rejetée et/ou incompris par la majorité. La lecture, souvent conspirationnistes qu’illustre les fake news vont conduire certains membres à densifier leur identité minoritaire par opposition à la majorité. Les « entrepreneurs moraux » sont là importants. Ils sont toujours en veille, en quête d’informations qui confirment une lecture prophétique du monde.
    Les fake news chez ceux qui y sont sensibles consolident le sentiment d’appartenance au groupe. D’autre part, Elles agissent comme un moyen de se faire peur. Plus qu’un détail dans le cadre millénariste messianique elles sont utilisées comme un outil de veille permanente, qui vise à maintenir l’engouement pour la parousie et donc l’essence même d’un christianisme prophétique millénariste messianique militant.

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  • Point de départ d'une analyse des Fakes news en adventisme - Vidéo parodique "Le Pape légalise la pédophilie"

    Cet extrait est une parodique et extrait de l'émission Groland de canal+. Elle a été largement diffusée via les réseaux sociaux dans les groupes religieux protestants dont l'Eglise adventiste. Cette blague est ainsi devenue une Fake News car les individus y ont donné une importance démesurée puisque nombres ont crédité cette simple blague.
    "Fake-news" est devenue une expression à la mode. Donald Trump a renversé le sens du terme pour désigner les analyses opposées à son regard. Les historiens des groupes religieux savent que la distillation volontaire de fausses informations et plus particulièrement, l’adhésion à ces dernières n’est en rien nouveau. Cependant, l’amplification de fake-news par les réseaux sociaux accélère aussi leurs impacts sur les groupes religieux. C’est particulièrement vrai dans les groupes messianique-millénaristes.
    L’idée que je développe peut être présentée très simplement. Les groupes qui ont un discours de la fin du monde, où le politique est un acteur central sont particulièrement exposés aux fake-news. Les groupes millénaristes messianiques comme les adventistes ou encore les communautés évangéliques ont en commun un discours sur l’avenir axé autour de la parousie. Ces groupes se distinguent par des lectures de la chronologie des faits qui précéderont et constitueront cette fin du monde présumée. Des divergences existent aussi sur l’organisation de la vie au paradis. Toutefois, ces divergences essentielles pour des théologiens sont mineurs pour le sociologue et l’historien du fait religieux. En effet, plus pertinent est la logique transversale présente dans ces groupes dans le rapport à la société globale.
    Les millénaristes messianiques considèrent (ce ne fut pas toujours le cas, et des exceptions demeurent) la fin du monde comme imminente et imprévisible. Il faut donc que le croyant reste capable de saisir tous les indices pouvant permettre de déceler la fin. Les essentialistes (pour dire ici ceux qui vont à l’essentiel) diront que ce débat est fumisterie car tous les individus peuvent mourir, avant la parousie et qu’il faut donc être préparé en permanence à la fin des temps, la fin du monde pour qu’un décès survienne chez un individu préparé (en phase avec les exigences divine) afin de ressusciter pour aller au paradis. Il faut donc être toujours prêt. Mais cette préparation (et on en vient aux fake-news) implique de percevoir les indices éventuels qui surviendraient dans la sphère politico-religieuse. Parmi ceux-ci, il y a l’alliance supposée entre la papauté et le pouvoir politique. Il faut dire que les groupes millénaristes messianiques protestants, souvent d’essence américaine, gardent de ce terreau une mise à distance et une critique de l’Etat. Dans le cas adventiste cela est perceptible par exemple sur la crainte d’une loi (loi du dimanche) qui imposerait le dimanche au détriment du samedi comme jour obligatoire d’adoration ! Je suis déjà venu sur cette idée dans l'Atlas des religions minoritaires.
    Une observation assidue, en particulier de membres militants qui distillent des informations pour susciter et surtout maintenir la passion de la parousie, fait penser aux entrepreneurs moraux de Becker. Mais cette attitude, faites dans la précipitation du rythme des réseaux sociaux alimente la peur à partir de faits totalement erronés parce que hors contexte, tronquées ou simplement fausses.

    On retrouve, comme par hasard, souvent le Pape dans ses informations. Les membres des communautés y croient, au point qu’il devient impossible de leur faire approcher un discours rationnel sur le sujet.

    L’extrait de l’émission Groland qui circule dans les groupes protestants est à ce titre édifiant. Dans sa dynamique parodique, ludique et provocante, le Groland parodie CNEWS et fait un faux reportage selon lequel un nouveau texte sacré a été découvert, validé par le Pape et qui légitimerait la pédophilie. Vaste blague qui ne peut que faire rire avant de passer à autre chose, sauf pour le conspirationnistes millénaristes messianiques. Ce n’est qu’un exemple qui montre comment les fake-news trouvent chez des individus avides d’indices de la parousie, un terrain favorable. Mais rien de nouveau sous le soleil.