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Le débat sur le débat autour de l'homosexualité dans l'Eglise adventiste du 7e jour de France

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Il ne faudra pas dire, chers(es) lecteur, que le présent article déclare que l'Eglise adventiste du septième jour est favorable à l'homosexualité.
Il ne faudra pas dire non plus que le présent article déclare que les dirigeants adventistes sont homophobes ! C'est le contraire. Je sais la capacité à mal lire de nombreux.

Le Magazine adventiste, une revue adventiste Suisse a publié en 2016 un numéro qui a été largement souligné et apprécié en raison de son ouverture par les commentateurs. Cependant en interne il a ravivé une minorité de cadres conservateurs au point que certains ont censuré (fait incroyable) ledit numéro en empêchant son accès à des membres. Pourquoi tant de tohubohu autour d'un article des plus classiques sur l'homosexualité ?

L'homosexualité a toujours été source de tension en adventisme. Aux USA, l'Eglise adventiste du septième jour de la parenté (SDA Kinship), courant issue de l'Eglise adventiste du septième jour (SDA), illustre les conséquences organisationnelles des difficultés de ce débat. SDA Kinship regroupe des adventistes du septième jour homosexuels qui ont quitté (et/ou qui ont été radié de) l'Eglise adventiste du septième jour.
La tension entre la SDA et SDA Kingship fut un temps extrême. La première reprochait à l'autre une utilisation abusive du nom de SDA (d'adventiste du septième jour), nom déposé. De plus la proximité des noms pouvait être source de confusion. La SDA entrepris en 1987 un procès contre SDA Kingship pour une utilisation abusive du nom de SDA. La Cour de Californie statua en 1991 en faveur de Kingship. La SDA a choisi de ne pas faire appel et d'en prendre acte.
Depuis, le succès des activités de prévention contre les MST de SDA Kingship et son activisme pour toucher les individus stigmatisés en fonction de leurs pratiques sexuelles ou de leur origine, ont entraîné une reconnaissance et une cohabitation certes limité, entre SDA et SDA Kingship. Cependant il existe peu de rapport officiel entre les deux groupes, des membres de la SDA reprochant à SDA Kingship le mini schisme crée. Mais c'est une situation extrêmement banal dans l'histoire des courants religieux.

 En Europe, particulièrement en France, l'Union des adventistes du septième jour a mis en place une commission éthique qui a publié des déclarations où la SDA marquait son positionnement théologique face à l'homosexualité tout en insistant sur la nécessité d'accompagner les homosexuels. Ces déclarations marquèrent une forte ouverture. Cependant elles ne furent pas suffisamment utilisées au point que nombres d'adventistes ne connaissent pas leur existence.
L'article du Magazine adventiste va dans le même sens : affirmation de la théologie condamnant l'homosexualité et nécessité d'accompagner, d'accepter l'homosexuel. En ce sens il faut certainement saluer le travail de la commission d'éthique et celui du Magazine. Cet article est une traduction d'une version américaine, illustrant le grand progrès sur cette question réalisé au USA par la SDA.
Pourtant, malgré les soins pris l'inévitable arriva. Un courant de pasteurs, ultra minoritaire et conservateurs, non représentant de membres, soulève tous les leviers procéduraux possibles pour empêcher la diffusion du numéro d'ouverture du Magazine adventiste. Certains ont même refusé de distribuer dans leur communauté un numéro de la Revue adventiste. Il est intéressant de remarquer que c'est par la bureaucratie (au sens de Weber) et non par la construction d'une argumentation théologique et sociale qu'ils manifestent leur opposition.

Le profil de cette minorité interroge. Conservateurs, majoritairement ultramarin, ils foulent au pied la belle avancée de la SDA sur l'ouverture vers les minorités sexuelles et discriminées. Surtout en affirmant son opposition vis-à-vis de l'homosexualité, en notant l'évolution du cadre législatif et surtout en indiquant son souhait d'avoir une relation apaisée, d'accompagnement, envers les homosexuels, l'Union des Eglises adventistes avait trouver un point d’équilibre. Celui-ci est menacé aujourd'hui.

Il y a plus de 10 ans de cela (et oui...) j'interviewais un couple, homosexuel, dont un était un ancien adventiste. En lisant Le Magazine adventiste et sa Revue j'ai repensé et réécouter l'enregistrement. L'individu m'indiquait avoir quitté la SDA pour « ne pas mettre les gens mal ». Il ne voulait pas être source de conflit tout en indiquant « tous les gens que je connaissais et aimais étaient des adventistes. (…) je devais quitter une église que j'aimais, des gens que j'adorais, sans savoir ce que j'allais devenir ». Dans le privé, il s'occupait d'un de ses parents devenu grabataire. Mais de plus en plus se fut son compagnon qui s'en occupait au point de recevoir les remerciements de toute une localité. J'avais rencontré ce parent grabataire qui me confirmait la situation. Adventiste, elle me disait « mon petit fils est homosexuel. Je crois qu'il se trompe, mais pourtant c'est son compagnon qui exerce tous les jours la charité auprès de moi. Et je me retrouve à prier Dieu de me les garder ! »

No comment.

Que retenir : l'homosexualité reste un enjeu de débat dans l'Eglise adventiste du septième jour, y compris en France malgré la pédagogie d'ouverture mis en place par l'Union. Cependant, elle doit composer comme toute organisation religieuse avec les conservateurs qui n'arrivent pas à dépasser leur méconnaissance de l'autre. Leur apprêté à défendre un adventisme fantasmé loin des textes, archives et enquêtes est tellement ancrée qu'ils n'hésitent pas à censurer le savoir de membres. Heureusement, pour l'avoir vérifier personnellement, les membres qui ont eut accès à ce numéro de la Revue l'ont bien accueilli, même s'il a suscité des débats. Il faut dire que la conclusion du numéro est sans appel :

« Quel est, finalement, l’enjeu dans ce débat ? La vie d’hommes et de femmes... ».

Certains obnubilés par des positions partisanes l’oublis. Et c'est dommage. Heureusement que cette église marque une position officielle d'ouverture facilement acceptée par ses membres, mais difficilement compréhensible pour une extrême minorité de cadres. Les polémiques passent et s'évaporent et il restera certainement le bon travail réalisé par la Commission éthique de l'Union des adventistes du septième jour sur les questions de société, dont les relations intimes entre personnes de même sexe.

Commentaires

  • Merci tout d'abord pour l'information communiquée ici et dont je n'avais pas connaissance bien qu'étant adventiste. Je partage complètement la position du comité d'éthique à savoir que je n'accepte pas mais je ne rejete pas.

    Ce qui est notable c'est que le problème ici est le même que celui du rejets des autres tout court. Combien de fois avons nous entendu de la part de membres : il ne faut pas nous mélanger? Et comment propagerons nous l'évangile si nous n'allons pas vers les autres? Et comment porterons nous le message vers ceux qui en ont besoin ? Et pourquoi nous posons nous en juge alors qu'il n'est pas du ressort de l'homme de juger? Et qui sommes nous pour dire que celui-ci ne mérite pas notre amour (agape)?

    C'est ici qu'est notre réel problème en tant qu'adventiste. La question de l'homosexualité est claire dans la Bible pas besoin de revenir dessus.

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