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L'Eglise adventiste du septième dans le film "Tu ne tueras point" de Mel Gibson

Tu ne tueras point, Mel Gibson, Eglise adventiste du septième jourLes critiques sur le film de Mel Gibson, dont l'engagement au sein du christianisme est connu oscillent entre l'admiration et le rejet. Globalement, les critiques reconnaissent l'évolution du travail de Gibson qui ne se contente plus de montrer les horreurs de la guerre. Pour l'analyste de l'Eglise adventiste du septième jour que je suis, des critiques de médias sont au mieux marquées d'ignorance ou au pire de mauvaise foi. C'est surprenant que des critiques ne se soient pas renseignées sur l'Eglise adventiste qui est en arrière fond du film avant d'y porter un avis influant. 

Desmond Doss, Eglise adventiste du septième jourComment ne pas être surpris quand parfois nous croisons la notion de prosélytisme. Même s'il pourrait être un support pour découvrir l'adventisme, parler de prosélytisme à partir d'un film interdit aux moins de 12 ans est posé certainement pour attirer les réactions. Dans les critiques que j'ai parcouru la prime de l'incompétence va aux Inrocks. Je site : « Tu ne tueras point relève presque du cas psychiatrique et fait basculer le cinéma de Gibson dans l'ère du "catho-porn", cet Hollywood parallèle destiné à remplir les multiplexes de l'Amérique bigote ». Je ne sais ce qu'est le « Catho-porn », peut être parce que je rentrerai dans la case d'une autre expression inconnue « d'Amérique bigotte ». La Croix se démarque peu en écrivant sous la plume de Jean Claude Raspiegas que « sous prétexte de tirer le portrait d’un objecteur de conscience héroïque pendant la Deuxième Guerre mondiale, le réalisateur signe un film abject et complaisant ». Le Journal Le Monde y voit le fameux prosélytisme, tandis que 20 minutes y voit une regards hallucinant sur les violences de la guerre. Artistiquement les critiques semblent positives même si le choc des terreurs marque. C'est le site A voir A lire qui semble le plus emballé en indiquant que « Mel Gibson bâtit une fable sur le pacifisme sur un monument de violence. Le résultat visionnaire déroute et questionne. Mais surtout il passionne. Preuve de la grandeur du film ». (pour une vision générale des critiques voir : AlloCiné). 1165735105.jpgDe son côté la presse adventiste porte un regard sobre et distant.Mais la critique qui me semble la plus juste et évite de voir dans un le film un prétexte prosélyte ou un simple déversement d'hémoglobines nous vient du Figaro sous la plume de Marie Noëlle Tranchant. Le journal porte le film sans ambages en indiquant que « Tu ne tueras point, qui jette un Américain non-violent dans l'enfer de la bataille d'Okinawa, une des plus terribles de la guerre du Pacifique. À mains nues, puisqu'il refuse de porter une arme, cet objecteur de conscience patriote ramènera, sous le feu ennemi, 75 combattants blessés. Si c'était une pure fiction, on trouverait peut-être exagérée cette formidable antithèse entre la douceur héroïque d'un seul homme et le déchaînement général de la violence. Mais l'histoire est vraie. Desmond Doss, interprété dans le film par Andrew Garfield, a réellement accompli ce haut fait qui lui a valu, en 1945, la Médaille d'honneur, la plus haute distinction ».


Venons à la raison qui m'a porté vers Tu ne tueras point: En quoi la restitution faite des croyances de Desmond Doss correspondrait à mes observations de terrain sur l'Eglise adventiste du septième jour ?
Le nom de l'Eglise adventiste du septième jour est indiqué qu'une ou deux fois dans le film (J'ai certainement oublié une ou deux mentions). Le film ne fait pas un étalement des croyances adventistes mais insiste sur des croyances religieuses générales en premier lieu l'interdiction de tuer. Une autre croyance religieuse et pas proprement adventiste et encore moins exclusivement chrétienne est mis en évidence. Il s'agit de l'interdiction de relation sexuelle avant le mariage. Desmond Doss se dévoue à sa dulcinée et a une relation sexuelle avec elle une fois mariée. Il faut être vigilant dans la rapidité de la séquence sur l'arrivée de la bague des mariées!


Tu ne tueras point, Mel Gibson, Eglise adventiste du septième jour, Desmond DossAvec sa Bible en main, le caractère adventiste se voit dans la pratique du sabbat de Desmond. Tous les adventistes ne sont pas objecteurs de conscience même si nombreux l'ont été. En France, lors de la période dite du service militaire, des adventistes se sont opposés au commandement militaire pour obtenir le sabbat et parfois pour ne pas porter les armes. (De même la seconde guerre mondiale a suscité des "justes" adventistes en France à l'instar d'Emile Bernard. Voir à ce sujet l'ouvrage de Patrick Cabannel, Les justes en France, 2012).

Dans une tranchée, Desmond ne mange pas une conserve militaire parce qu'elle contient de la viande et laisse un camarade consommer celle-ci. Là aussi une croyance fortement encouragée par l'Eglise adventiste est rappelée en 5 secondes, la préférence pour le végétarisme.

Que retenir par ces brèves informations ? Tu ne tueras point n'est pas un film de propagande, de prosélytisme. Dans les grands classiques hollywoodiens, il y a une surcharge d'hémoglobines et l'interdiction aux moins de 12 ans me semble insuffisante tant des passages sont réalistes mais inutilement choquant pour un jeune public. C'est du Mel Gibson!
Par contre, le film invite à réfléchir sur la cohérence des choix d'un homme, qui assume ses croyances et les renverse pour le bénéfice de tous, là où personne ne l'envisagerait. C'est ce qui devrait être source de débat de réflexion par les critiques.
La fin du film, avec l'insertion des témoignages de compagnons de Desmond dont il a sauvé la vie et surtout un extrait d'interview de Desmond donne une réalité à la problématique de la cohérence entre croyances et pratiques qui réinterroge tout être humain.

Commentaires

  • Bonjour, conseillerez-vous à des Jeunes Adventistes d'aller voir le fim ? Pour quelle raison que ce soit affirmatif ou négatif s'il vous plaît ?

  • L'oeuvre de Mel Gibson doit être abordée uniquement comme une oeuvre cinématographique même si l'auteur a certainement des ambitions précises.
    De mon avis (c'est à prendre et à laisser), le seul frein est le caractère sanglant des scènes de guerre très réalistes. Elles ont les défauts de leurs qualités. Le public verra des individus déchiquetés, comme à la guerre! Il faudra juste veiller à la sensibilité du jeune public.
    Si la question posée en arrière fond était de savoir si cela renforcera ou pas les convictions d'un public religieux adventiste? Ben... Rien ne vaut le fait d'aller voir pour savoir tout en sachant que Gibson, catholique, ne fait pas d'apologie de l'adventisme, mais met en évidence la cohérence d'un individu avec ses croyances.

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