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Rechercher : religion de la santé

  • Leçon à partir de la participation adventiste à la BSA

    medium_BSA.jpgNous avons déjà noté dans des notes précédentes que l’Eglise Adventiste n’est pas la seule institution religieuse à observer le sabbat. La Bible Sabbath Association regroupe en son sein plus de 400 groupes religieux sabbatiques dont le plus important est l’Eglise Adventiste. Les autres groupes résultent souvent de schismes et de sous schismes de l’Eglise Universelle de Dieu. (Cf. l’article de Religioscope sur le BSA).

  • Dynamisme de l’intérêt scientifique sur l’adventisme.

    a9d76dd46bd3fe6a066c5b1b501dada6.jpgIl suffit de se promener sur le Net pour remarquer comment de plus en plus de sites s’intéressent à l’adventisme. Sociologiser est d’ailleurs un exemple. Le phénomène est assez récent dans l’espace français. Grace aux alertes de Google chaque jour on relève plusieurs allusions à l’adventisme. Parmi celles-ci il y a la recrudescence de recherches scientifiques.Le 22 juin dernier Corneliu-Ghiocel FITZAI soutenait une thèse d’histoire « Origines et Actualité du Mouvement adventiste du septième jour en Roumanie » à l’Université de Paris IV (Sorbonne). La veille, Pierre Amiel Giraud présentait son mémoire de Master 1 en géographie « Constructions territoriales des adventistes dans le grand Sud-Ouest » à l’Université de Bordeaux III (bientôt ce document sera disponible). Lors de la journée d'Etude sur l'Adventisme en France du 3 mai dernier que j'organisais avec Régis Dericquebourg et qui restera comme une première européenne, Sébastien Fath notait déjà ce phénomène.

  • Parcours de conversion à l’Eglise Adventiste.

    medium_bapteme.jpg

    Je n’avais pas prévu cette note puisqu’elle correspond à un article en cours de rédaction pour une revue scientifique. Cependant face aux commentaires de "étudiant", je vous propose un rapide résumé et une définition de ce que je mets sous le vocabulaire de "parcours de conversions". Ce sera une réponse partielle à cet excellent questionnement. Il est vrai que ceux qui lisent mes travaux, m’entendent, ou simplement y font une découverte ici, trouvent sous ma plume cette expression. Par parcours de conversion, j’entends simplement une entrée, un regard sur la biographie d’un individu, à partir des changements religieux qu’il a réalisé, en adhérant, par une conversion ritualisée (le baptême généralement) à une organisation religieuse. Dans le cas adventiste la conversion implique le baptême par immersion, accompagné d’une profession de foi, comme il est d’usage dans la plupart des organisations religieuses protestantes.

  • Portrait de la population immigrée en France par l'INSEE

    Voilà qui tombe en clin d’œil à notre note précédente : l’INSEE publie les chiffres sur l’immigration. Quelques journaux en font même une large place dans leurs colonnes. Le Nouvel OBS sur son site internet indique sobrement que « L'Insee dresse un portrait de la population immigrée », résumant simplement les données du recensement 2004 et 2005 publié par l’INSEE. De son côté le Figaro ne veut que l’on retienne du recensement avant tout que la forte évolution des populations venant d’Afrique noire. En une du site internet de ce journal on peut lire : « Forte hausse de l’immigration d’Afrique noire ».
    Cette enqûete intéresse le sociologue du fait religieux, car il constate la forte présence d'immigrés dans les groupes religieux minorotaires. Comprendre la problématique migratoire, c'est aussi comprendre l'évolution de la sociologie de plusieurs groupes religieux en France.
    Le numéro 1098 d’INSEE Première qui reprend au travers de la plume de Catherine Borrel les grands enseignements du recensement, ne peuvent pourtant se limiter à l’enseignement essentiel que retient le Figaro. Qu’apparaît-il ?

  • Encore la commission parlementaire et son regard sur les Témoins de Jéhovah: note polémique

    medium_temoins_Jehovah.jpgS'il existerait un groupe religieux qui centralise à lui seul en France tous les fantasmes de notre société ce serait les Témoins de Jéhovah. A croire le journal Le Monde daté du 17 juillet 2006, qui fait un compte rendu de l'audition d'Emmanuel Jancovici, près de 45 000 enfants seraient en danger, simplement parce qu’ils vivent « dans le cadre des témoins de Jéhovah ». Attention, loin de partager les développements Jéhovistes, il faut un moment, dire stop, stop, stop.

  • Jour J-1 avant la commémoration de l'esclavage

    Jour J-1 La commémoration de l’esclavage connaît ces derniers préparatifs. Avant les manifestations, un pré-bilan me semble important. Tardivement les médias se sont emparés de la question et nous avons accès à des documentaires, qui traitent de la question de la commémoration de l’esclavage, mêmes si nombres sont de qualités douteuses. Il est dommage d’entendre sur les plateaux TV les mêmes questions, qui sont souvent d’ailleurs au travers de stigmates. L’exemple le plus caricatural, mais au combien réel, est celui du pardon, de la repentance, bref de la réparation. Combien de fois il a été dit que les descendants d’esclaves ne demandent pas de contrition républicaine, mais juste un espace pédagogique pour une construction mutuel de l’histoire nationale. Et pourtant…

  • L'adhésion adventiste à la Fédération Protestante de France (1)

    medium_FPF.gifMalgré les nombreux mails je n’ai pas commenté l’adhésion à la Fédération Protestante de l’Eglise Adventiste. En effet, il me semble que le sociologue doit se tenir à ce que Weber appelle, la neutralité axiologique. Entendons par là que pour mener à bien ses analyses, le chercheur dans un exercice de frustration doit savoir s’abstenir quelques fois dans l’intérêt de sa recherche. Il ne faut pas voir là une absence d’opinion, mais une tentative de maîtriser des interférences qui pourraient être négatives, inutiles et improductives. De fait, je pense que le rôle du sociologue n’est pas de connoter cette stratégie. Cependant ce dernier peut avoir une analyse permettant d’éclairer les enjeux que renferme cette adhésion.

  • Aux origines de l’adventisme (1) : le millérisme.

    Dans vos mails, nombres de visiteurs demandent des précisions sur les origines de l’adventisme. Pour tenter de répondre à l’ensemble des questions qui portent sur ce point voilà un bref résumé historique. Cependant n’étant pas historien, ne faites évidemment pas l’économie de lire les ouvrages historiques sur l’émergence adventiste et plus généralement sur le religieux américain du XIXè Siècle.

    (Les auteurs dont je fais référence sont en bibliographie indicative. )

  • Les noirs en débats. Vers l'âge de raison ?

    La quePascal Blanchard, Lilian Thuram, Noirs de France, Exposition Lilian Thuram,stion de la place des noirs dans l'histoire et l'actualité sociale en France semble quitter de plus les passions pour les débats de raisons. Il y a certes des initiatives douteuses comme le Mouvement des Africains Français de Calixte Beyala. Mais ces derniers temps il faut saluer deux grandes actions au centre desquels nous retrouvons l'historien Pascal Blanchard sur lequel je me suis longuement appuyé en raison de la qualité de son travail.
    La première est l'exposition de Lilian Thuram au Quay Branly. Nécessaire, opportune, vitale pour la société, cette exposition montre bien la construction de représentations négatives autour du noir. La seconde initiative est de France TV. Durant 5 dimanches consécutifs sera projeté un documentaire Noirs de France, la chaine aborde en 5 volets sur l'histoire des noirs en France. Les mythes vont là encore tomber.
    Ces initiatives ne doivent pas en cacher d'autres. Récemment dans Le Monde plusieurs femmes noires célèbre posaient la question : A quand une femme nLilian Thuramoire en couverture de ELLE ?
    Un mouvement de fond semble s'engager. Qu'en résultera-t-il ? Personne ne sait. Mais plus que la finalité il faut déjà savourer la démarche dont tous devrions être les ambassadeurs. Espérons que les programmations du mois de mai 2012 pour la commémoration des abolitions de l'esclavage et de la traite négrière fera consonnance avec ce ton général.

  • ”Les Antilles, une voix originale” de Jean Hassenforder

    Couverture livre)002.jpgEcrire un livre impose de se demander en permanence comment il est reçu. Mon dernier livre Entre espérance et désespérance, pour enfin comprendre les Antilles n'échappe pas à la règle.
    Le livre traitre des Antilles dans l'actualité. Il ambitionne de donner des clés de lecture pour mieux comprendre les Antilles. L'histoire sociale, l'évolution musicale, l'actualité sociale ou encore la place du religieux sont des éléments fondamentaux pour cerner avec rigueur la société antillaise. Ce qui fait ciment entre les luttes sociales, la musique, l'expression politique et l'implication religieuse c'est la notion d'Espérance. Elle est le cœur Antillais. Les Antilles se projettent avec une singularité étonnante vers l'avenir et de façon positive. Jean Hassenforder dans la recension sur le site Témoins qu'il propose du livre l'a bien compris.
    n'échappe pas à la règle. Pour plusieurs raisons, mais principalement parce qu'il est à cheval sur plusieurs domaines et sujets.

    Le titre de sa recension « Les Antilles une voix originale » est très honorifique. Il parle de l'Espérance comme d'un invariant antillais. Jean Hassenforder a raison. A le lire je suis convaincu que le livre est donc compris. Surtout, je suis content de constater par les retours de mails et d'échanges qu'il est simple à lire et donc à recevoir.

    Autre chose; beaucoup soulignent l'importance du premier chapitre sur le « réductionnisme ». Il est pour moi crucial d'assumer les motifs, les mobiles, qui ont fait le livre. Parler de réductionnisme c'est dénoncer l'enfermement dans lequel on place les sociétés noirs, ici antillaises. Je crois que l'utilisation des notions de « diversité » ou de la « mémoire » sont en fait un habillage, un piège loin de ce qu'une approche égalitaire, citoyenne et scientifique a besoin pour parler, traiter d'une société. Ce chapitre, fait de convictions ne cache pas qu'il faut sortir des raccourcis, réductions, pour mieux se comprendre et vivre ensemble.

    Le ton général de la recension du livre que propose Jean Hassenforder est sensible à tous les éléments du livre, y compris ceux qui sont entre les lignes, dont l'idée du premier chapitre. C'est donc une recension que je trouve conforme aux buts fixés en vous proposant ce livre.


  • ”Entre espéranc et désespérance, pour enfin comprendre les Antilles” de retour sur Amazon

    Vous me signaliez la difficulté à commander mon dernier livre sur Amazon. Désormais tous les libraires en ligne sont réapprovisionnés. N'hésitez pas à le commander et l'offrir. Le but est un partage, simple, et dynamique autour des Antilles pour faire tomber les idées reçues.  Bonne lecture.

    Pour commander le livre dès maintenant cliquer sur l'image à droite.

  • Nouveau livre de Steve Gadet: La culture hip hop dans tous ses états

    Steve Gadet, Culture hip hopLors d'un de mes récents séjours aux Antilles, j'ai rencontré Steve Gadet. Chercheur dynamique. De nombreuses cordes à son arc; slameur, animateur de renom sur Radio Souffle de Vie et j'en passe. Incroyable qu'un seul homme puisse avoir autant de domaines où il arrive à s'investir.

    Steve Gadet, dit Fola, est un chercheur spécialiste de la littérature et de la langue anglaise. Son précédent ouvrage La Fusion de la culturehip-hop et du mouvement rastafari publié en mars dernier chez l'Harmattan fut innovant. Son dernier livre semble être du même acabit et rencontrera le succès. Voici la présentation de ce livre qui j'espère sera dans votre bibliothèque. En fin de présentation vous trouverez le fichier PDF de l’éditeur.


    Pourquoi un autre livre sur la culture hip-hop ? Parce que comme toute culture, elle est dynamique et changeante. Elle possède l’essence des cultures : elle recherche le contact avec l’autre. Même si le mouvement possède une histoire, une tradition réelle, il ne se réduit pas au rap, ni aux Africains-Américains, ni aux clichés déversés par les clips vidéo. Le hip-hop doit son dynamisme et sa longévité à sa capacité à entrer en contact avec d’autres cultures et à se laisser infiltrer. Ce faisant, il est également porteur de contradictions. Parfois victime de son propre succès, le mouvement hip-hop est le résultat d’échanges complexes, de conditions sociopolitiques nourries par des sentiments de désillusion et d’aliénation. Cette culture a par ailleurs un impact considérable sur l’industrie vestimentaire, la presse écrite, l’enseignement, la télévision, le langage, la sexualité, les relations homme-femme, les politiques sociales et économiques aux États-Unis et dans le reste du monde. Parce qu’elle a capturé l’attention et l’imagination d’un grand nombre individus d’origines ethniques et sociales très diverses, elle mérite qu’on s’y intéresse avec beaucoup de sérieux. Steve Gadet interroge cette culture fertile à la lumière de plusieurs grands thèmes, à savoir : la société étasunienne, Barack Obama, le multiculturalisme, les substances narcotiques, l’Afrique, la mort, la glocalisation, le capitalisme et l’interculturalité.

     

    DOCUMENT DE PRESENTATION DE L'EDITEUR

  • Dédicace de mon livre ENTRE ESPERANCE ET DESESPERANCE, POUR ENFIN COMPRENDRE LES ANTILLES en Guadeloupe

    94889292jasor-1-jpg.jpgAprès l’excellent moment passé hier avec Maeva en direct sur Guadeloupe Première (ex RFO) pendant 1h30, la présentation au public antillais de mon livre "Entre espérance et désespérance, pour enfin comprendre les Antilles", continue.

    1. Lundi je serai au journal de RCI.
    2. Mercredi je serai l’invité de la chaine Canal 10.
    3. Jeudi c’est un retour à RFO pour l’émission En attendant l’info. Ce sera l’occasion de présenter les facettes divertissantes du livre, sa convivialité, dans une ambiance de détente.

    Mais pour l’heure, demain 4 décembre 2010 ce sera la présentation au public à la Librairie Générale Jasor de 10h à 13h pour dédicacer l'ouvrage.

  • Ellen White et la fondation de l'Eglise adventiste par Régis Dericquebourg

    Ces protestants que l'on dit adventiste, Régis Dericquebourg, Ellen G White, Ellen White, Eglise adventiste, adventismeSur son blog Régis Dericquebourg diffuse son article sur Ellen G. White et la fondation de l'Eglise adventiste. Ce texte est extrait de l'ouvrage que j'ai dirigé avec lui Ces protestants que l'on dit adventiste... 

    L'approche de Régis Dericquebourg est celle d'un sociologue. Elle ne veut pas uniquement se restreindre à Ellen White. N'oubliez pas cela quand vous lisez. A ce titre cette lecture ne répond pas aux attentes de ceux qui espèrent défendre ou critiquer Ellen White. Loin des passions cette lecture qu'il fait d'Ellen White est de loin la plus pertinente puisqu'il s'appuie sur une comparaison sociologique et historique. Je vous laisse découvrir

     

    Régis Dericquebourg: Paru dans Ces protestants que l’on dit Adventistes. Fabrice Desplan et Régis Dericquebourg (ed.) Paris. L’Harmattan, 2008. 149-175.

    Ellen White, Ces protestants que l'on dit adventiste, Régis Dericquebourg, Ellen G White, Ellen White, Eglise adventiste, adventisme

    Le charisme d’Ellen White considérée comme la fondatrice de l’Adventisme du septième jour peut être envisagé dans une double perspective. La première s’interroge sur le rôle du charisme visionnaire d’ Ellen White Ad intra.  La seconde concerne l’attitude Ad extra envers le charisme porté par une femme. Il m’a paru utile de traiter de ces deux aspects car ce dernier éclaire peut-être la réception du charisme d’ E. White dans l’Adventisme lui-même. L’examen du premier aspect a été fait en grande partie d’une manière pertinente par Anne Marie Topalov. Nous avons tiré partie de sa thèse mais sans reprendre à notre compte ce que l’auteur dit à propos des éléments de gnose que Madame White aurait introduit dans l’Adventisme.
    Pour traiter du charisme de Ellen White et du charisme au féminin, je vais d’abord mettre l’accent sur le lien entre les femmes et le christianisme puis j’évoquerai les femmes  « peu ordinaires » dans le christianisme car c’est en tant que chrétienne et porteuse d’un don extraquotidien qu’elle revendique sa mission, puis j’aborderai le rôle du charisme de Ellen White... 

  • La décennie la plus critique de l’adventisme par JL Chandler

    Vous le savez déjà mais je le rappelle rapidement. L'analyse de l'adventisme est pertinente que si on prend en compte l'histoire et les croyances du groupe à partir des travaux de chercheurs non adventistes et adventistes. L'avantage est d'avoir une vision globale. Nous allons continuer fort de cette position qui est loin d'être partagée dans le monde de la recherche. Le regard de JL Chandler est à ce titre intéressant. Adventiste, passionné de l'histoire et de la théologie adventiste Chandler intervient souvent sur le blog via des notes pour vous parler de l'histoire et de la théologie de l'église adventiste. L'un se comprend avec l'autre. Son regard, de l'intérieur est donc un élément de plus pour celui qui veut cumuler différentes sources pour comprendre l'adventisme. En ce sens, je vous livre trois notes de Chandler sur l'histoire de l'adventisme. D'autres notes sur ce thème sont disponibles sur le blog.

    Durant la décennie 1850, un problème crucial se pose aux adventistes : l'inexistence d'une organisation. Sans un clergé salarié, sans lieux de culte, sans moyens financiers et sans institutions, le mouvement est menacé de disparaître. Les adventistes n'en ont pas du tout conscience. Au contraire, ils sont farouchement hostiles à toute forme d'organisation qu'ils associent au diable, à Babylone, à l'apostasie, à quelque chose de ce genre. Ils n'ont pas oublié. Ce sont des organisations religieuses qui ont rejetées le message de William Miller et qui les ont expulsés de leurs congrégations. James et Ellen White réalisent le danger. Mais ils ont toutes les peines du monde à les persuader de s'organiser en Eglise. 

    La crise structurelle
    Au début de la décennie 1850, de nouveaux problèmes surgissent. Sans une organisation légale, les congrégations adventistes sont sans défense. Il arrive qu'elles soient visitées par des prédicateurs fanatiques (les spiritualistes), ou qu'elles soient menacées de dissolution quand une maison aménagée en lieu de culte est récupérée ou vendue par son propriétaire. 
    James White comprend le sérieux du problème. Il mène une campagne acharnée en faveur d'une organisation du mouvement. En dépit des réticences des adventistes, il avance étape par étape vers cet objectif. Joseph Bates et lui signent des cartes de recommandation pour les « prédicateurs autorisés » à prêcher dans les assemblées. A partir de juillet 1851, ils commencent à consacrer des pasteurs. Dans les colonnes de la Revue adventiste, White essaie désespérément (avec sa femme) de convaincre les adventistes de s'organiser en Eglise. En pure perte. En 1853, il crée l'école du sabbat (sur le modèle de l'école du dimanche) pour l'instruction religieuse des enfants. En 1855, il établit la première entité légale adventiste avec la construction d'une imprimerie à Battle Creek au Michigan.
    Mais ces avancées, ces embryons de structure, ne compensent pas le manque criant d'une véritable organisation. Ce qui doit arriver finit par arriver. Après quelques années de croissance, vers l'automne 1856 le mouvement est en crise. Sans collecte de fonds structurée et régularisée, plusieurs pasteurs sous-payés et découragés abandonnent le ministère. Sans direction et soutien spirituel, les congrégations locales sombrent dans l'apathie. Jésus n'est pas encore revenu et certains adventistes se lassent déjà d'attendre. Pour la première fois de leur jeune histoire, ils sont confrontés au problème de l'attente. « Le Maître tarde à venir ».

     

    La crise spirituelle
    Une crise spirituelle s'ajoute à la crise structurelle. Car pour éviter la critique de ceux qui ont des préjugés sur les visions de sa femme, James White décide en 1851 de ne pas les publier dans les colonnes de la Revue adventiste. Pendant quatre ans, seulement sept articles d'Ellen White paraissent dans l'hebdomadaire sans jamais faire référence à des visions. Négligées, celles-ci deviennent moins fréquentes. Les adventistes sont moins sûrs de leur importance et Ellen White pense que sa mission est presque terminée. Mais ses paroles percutantes d'encouragement manquent cruellement aux croyants dispersés et léthargiques.
    A la même époque, elle voit en vision que les adventistes sont dans la condition spirituelle de Laodicée, une des sept églises du livre de l'Apocalypse (chapitres 1-3). A travers la description de ces congrégations locales d'Asie mineure, les commentateurs de l'école d'interprétation prophétique historiciste ont vu ici un résumé de l'histoire du christianisme :

     

    1. Ephèse : l'église de la pureté doctrinale (1er siècle).
    2. Smyrne : l'église persécutée (2-3e siècle).
    3. Pergame : l'église compromise avec le monde (4-5e siècle).
    4. Thyatire : l'église assise sur le trône (6-15e siècle).
    5. Sardes : l'église formaliste (16-17e siècle).
    6. Philadelphie : l'église missionnaire (18-19e siècle).
    7. Laodicée : l'église à moitié-engagée (20-21e siècle).

    Laodicée symbolise le christianisme de la dernière période de l'histoire du monde. C'est l'église qui se vante de ses gros moyens mais qui est tiède, endormie, satisfaite d'elle-même et inconsciente de ses besoins spirituels. Sans le savoir, ce groupe est « pauvre, aveugle et nu » spirituellement. Faisant écho au message de l'Apocalypse, Ellen White invite les adventistes à secouer cette attitude complaisante. Toute sa vie, elle sera une revivaliste, prêchant inlassablement le réveil lors de ses tournées des camps-meetings et des congrégations. 

     

    Le remède pour Laodicée
    On observe ici une sorte de décalage entre le point de vue d'Ellen White et des commentateurs sur le point de départ de l'ère de Laodicée. L'histoire semble valider l'interprétation de ces derniers. Primo, les historiens appellent le 19e siècle l'âge d'or des missions protestantes. Deuxio, sans moyens, les premiers adventistes n'ont rien pour se vanter. Dans ces conditions, la prophétie s'applique t'elle vraiment à leur situation au milieu du 19e siècle ? D'une certaine façon, peut-être bien !
    Passée les premières années de ferveur religieuse, on voit déjà se profiler à l'horizon quelques touches de la mentalité laodicéenne : le relâchement, la lassitude, la complaisance, la poursuite de l'aisance matérielle et l'autosatisfaction. Projeter le mouvement dans l'ère de Laodicée est déjà une partie du remède. Pour produire un réveil, il faut une prise de conscience. La description de la dernière des sept églises de l'Apocalypse produit un électrochoc. Elle confirme qu'on est bel et bien dans la dernière période de l'histoire du monde. Que le retour du Christ se rapproche !
    A travers l'histoire du christianisme, l'espérance d'un retour imminent de Jésus a été le moteur des grands mouvements de réveil. Les premiers chrétiens ont cru qu'il se produirait durant leur génération. Martin Luther, John Wesley, Charles Spurgeon ou Dwight Moody le pensaient à leurs époques. Les périodes d'apostasie et de déclin spirituel coïncident le plus souvent  avec l'oubli de la promesse ou avec son renvoi à une période plus éloignée dans l'avenir. Dans un sens, les mouvements de réveil sont toujours profondément des mouvements adventistes.
    L'adventisme ne se projette jamais très loin dans l'avenir. Chaque génération  d'adventistes pensera voir Jésus revenir dans les airs. Si Ellen White décourage la moindre tentative de spéculation sur la date de son  avènement, ses écrits (et ceux de ses contemporains) laissent transparaître qu'elle s'attendra sincèrement à ce qu'il revienne dans un avenir proche. Mais elle soulignera que dans sa sagesse, Dieu n'a pas révélé le moment précis de sa venue pour ne pas mettre la foi des croyants gravement en danger. « Nous n'en ferions pas bon usage » (Review and Herald, 22 mars 1892). Se laissant aller à la nonchalance et à la superficialité avec Dieu, certaines personnes renverraient - erreur fatale - leur préparation spirituelle au dernier moment et les fanatiques créeraient une émotion et « une excitation malsaine » autour de la date (Lettre 34, 1884).
    Les premiers adventistes ont tendance à appliquer les prophéties de la fin à leur époque contemporaine. Ils n'ont pas de raison de penser autrement car ils voient les signes du temps de la fin (Matthieu 24) défiler devant leurs yeux. Ils n'anticipent pas que des décennies s'écoulent avant l'apothéose du retour du Christ. Néanmoins, James White les encouragera souvent à la prudence : « Quand l'histoire n'est pas encore écrite, l'étudiant de la Bible ne doit pas avancer ses suggestions de manière trop catégorique » (Review and Herald, 29 novembre 1877). Les théologiens adventistes observent que la plupart des prophéties de la fin se réalisent de manière progressive dans le temps. Les premiers adventistes n'ont simplement pas imaginé qu'elles s'étaleraient sur une durée plus longue.
    L'histoire de l'adventisme est celle du réveil en perpétuel recommencement. Alors que les années passent, que l'attente se prolonge, comment maintenir la flamme spirituelle et missionnaire ? Selon Ellen White, c'est dans la persévérance de l'attente aujourd'hui, par la relation journalière avec Dieu qui refuse de se laisser absorber par les tracas du quotidien et d'encourir le risque de se faire surprendre par le retour du Christ à l'improviste : « Tenez-vous donc en éveil, puisque vous ignorez quel jour votre Seigneur viendra » (Matthieu 24.42).
    Nous verrons comment le couple White contribuera à retourner la situation critique de la décennie 1850. Ellen cherchera à dissoudre la crise spirituelle et James se chargera de résoudre la crise structurelle.